Les voies de l'âme

Ce blog a pour objet d'amener à réfléchir sur le sens de la vie, sur notre évolution personnelle. C'est donc l'expression d'un chemin de vie à la fois philosophique et spirituel.

12 novembre 2019

Les trois sagesses de la voix spirituelle

Une amie m'a dressé ce texte que je vous livre. Il est un peu long mais instructif! Bonne lecture !

 

lumière

Le Roi avait pour fils unique un jeune Prince courageux, habile et intelligent. Pour parfaire son apprentissage de la Vie, il l'envoya auprès d'un Vieux Sage.

   "Eclaire-moi sur le Sentier de la Vie", demanda le Prince.    "Mes paroles s'évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable, répondit le Sage. Cependant je veux bien te donner quelques indications. Sur ta route, tu trouveras 3 portes. Lis les préceptes indiqués sur chacune d'entre elles. Un besoin irrésistible te poussera à les suivre. Ne cherche pas à t'en détourner, car tu serais condamné à revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis t'en dire plus. Tu dois éprouver tout cela dans ton cœur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis cette route, droit devant toi."

 Le Vieux Sage disparut et le Prince s'engagea sur le Chemin de la Vie.  Il se trouva bientôt face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire "CHANGE LE MONDE".

 "C'était bien là mon intention, pensa le Prince, car si certaines choses me plaisent dans ce monde, d'autres ne me conviennent pas." Et il entama son premier combat. Son idéal, sa fougue et sa vigueur le poussèrent à se confronter au monde, à entreprendre, à conquérir, à modeler la réalité selon son désir. Il y trouva le plaisir et l'ivresse du conquérant, mais pas l'apaisement du cœur. Il réussit à changer certaines choses mais beaucoup d'autres lui résistèrent.

 Bien des années passèrent. Un jour il rencontra le Vieux Sage qui lui demande : "Qu'as-tu appris sur le chemin ?" "J'ai appris, répondit le Prince, à discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui m'échappe, ce qui dépend de moi et ce qui n'en dépend pas". "C'est bien, dit le Vieil Homme. Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir. Oublie ce qui échappe à ton emprise." Et il disparut.

 Peu après, le Prince se trouva face à une seconde porte. On pouvait y lire "CHANGE LES AUTRES. «C’était bien là mon intention, pensa-t-il.  Les autres sont source de plaisir, de joie et de satisfaction mais aussi de douleur, d'amertume et de frustration." Et il s'insurgea contre tout ce qui pouvait le déranger ou lui déplaire chez ses semblables. Il chercha à infléchir leur caractère et à extirper leurs défauts. Ce fut là son deuxième combat.

 Bien des années passèrent. Un jour, alors qu'il méditait sur l'utilité de ses tentatives de changer les autres, il croisa le Vieux Sage qui lui demanda : "Qu'as-tu appris sur le chemin ?" "J'ai appris, répondit le Prince, que les autres ne sont pas la cause ou la source de mes joies et de mes peines, de mes satisfactions et de mes déboires. Ils n'en sont que le révélateur ou l'occasion. C'est en moi que prennent racine toutes ces choses." "Tu as raison, dit le Sage. Par ce qu'ils réveillent en toi, les autres te révèlent à toi-même. Soit reconnaissant envers ceux qui font vibrer en toi joie et plaisir. Mais sois-le aussi envers ceux qui font naître en toi souffrance ou frustration, car à travers eux la Vie t'enseigne ce qui te reste à apprendre et le chemin que tu dois encore parcourir." Et le Vieil Homme disparut.

Peu après, le Prince arriva devant une porte où figuraient ces mots "CHANGE-TOI TOI-MEME". "Si je suis moi-même la cause de mes problèmes, c'est bien ce qui me reste à faire," se dit-il. Et il entama son 3ème combat. Il chercha à infléchir son caractère, à combattre ses imperfections, à supprimer ses défauts, à changer tout ce qui ne lui plaisait pas en lui, tout ce qui ne correspondait pas à son idéal.

Après bien des années de ce combat où il connut quelque succès mais aussi des échecs et des résistances, le Prince rencontra le Sage qui lui demanda : Qu'as-tu appris sur le chemin ?"  "J'ai appris, répondit le Prince, qu'il y a en nous des choses qu'on peut améliorer, d'autres qui nous résistent et qu'on n'arrive pas à briser." "C'est bien," dit le Sage.

 "Oui, poursuivit le Prince, mais je commence à être las de ma battre contre tout, contre tous, contre moi-même. Cela ne finira-t-il jamais ?  Quand trouverai-je le repos ? J'ai envie de cesser le combat, de renoncer, de tout abandonner, de lâcher prise." "C'est justement ton prochain apprentissage, dit le Vieux Sage. Mais avant d'aller plus loin, retourne-toi et contemple le chemin parcouru." Et il disparut.

 Regardant en arrière, le Prince vit dans le lointain la 3ème porte et s'aperçut qu'elle portait sur sa face arrière une inscription qui disait  "ACCEPTE-TOI TOI-MEME."  Le Prince s'étonna de ne point avoir vu cette inscription lorsqu'il avait franchi la porte la première fois, dans l'autre sens. "Quand on combat on devient aveugle, se dit-il." Il vit aussi, gisant sur le sol, éparpillé autour de lui, tout ce qu'il avait rejeté et combattu en lui : ses défauts, ses ombres, ses peurs, ses limites, tous ses vieux démons. Il apprit alors à les reconnaître, à les accepter, à les aimer. 

 Il apprit à s'aimer lui-même sans plus se comparer, se juger, se blâmer. Il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda :    "Qu'as-tu appris sur le chemin ?" "J'ai appris, répondit le Prince, que détester ou refuser une partie de moi, c'est me condamner à ne jamais être en accord avec moi-même. J'ai appris à m'accepter moi-même, totalement, inconditionnellement."

  "C'est bien, dit le Vieil Homme, c'est la première Sagesse. Maintenant tu peux repasser la 3ème porte."

 A peine arrivé de l'autre côté, le Prince aperçut au loin la face arrière de la seconde porte et y lut "ACCEPTE LES AUTRES".  Tout autour de lui il reconnut les personnes qu'il avait côtoyées dans sa vie ; celles qu'il avait aimées comme celles qu'il avait détestées. Celles qu'il avait soutenues et celles qu'il avait combattues. Mais à sa grande surprise, il était maintenant incapable de voir leurs imperfections, leurs défauts, ce qui autrefois l'avait tellement gêné et contre quoi il s'était battu.

  Il rencontra à nouveau le Vieux Sage. "Qu'as-tu appris sur le chemin ?" demanda ce dernier.  J'ai appris, répondit le Prince, qu'en étant en accord avec moi-même, je n'avais plus rien à reprocher aux autres, plus rien à craindre d'eux. J'ai appris à accepter et à aimer les autres totalement, inconditionnellement." "C'est bien," dit le Vieux Sage. C'est la seconde Sagesse. Tu peux franchir à nouveau la deuxième porte.

  Arrivé de l'autre côté, le Prince aperçut la face arrière de la première porte et y lut "ACCEPTE LE MONDE". Curieux, se dit-il, que je n'aie pas vu cette inscription la première fois. Il regarda autour de lui et reconnut ce monde qu'il avait cherché à conquérir, à transformer, à changer. Il fut frappé par l'éclat et la beauté de toute chose. Par leur perfection. C'était pourtant le même monde qu'autrefois. Était-ce le monde qui avait changé ou son regard ?

 Il croisa le Vieux Sage qui lui demanda.    "Qu'as-tu appris sur le chemin ?" "J'ai appris, dit le Prince, que le monde est le miroir de mon âme. Que mon âme ne voit pas le monde, elle se voit dans le monde. Quand elle est enjouée, le monde lui semble gai. Quand elle est accablée, le monde lui semble triste. Le monde, lui, n'est ni triste ni gai. Il est là ; il existe ; c'est tout. Ce n'était pas le monde qui me troublait, mais l'idée que je m'en faisais. J'ai appris à accepter sans le juger, totalement, inconditionnellement."

 C'est la 3ème Sagesse, dit le Vieil Homme. Te voilà à présent en accord avec toi-même, avec les autres et avec le Monde." Un profond sentiment de paix, de sérénité, de plénitude envahit lePrince. Le Silence l'habitat. "Tu es prêt, maintenant, à franchir le dernier Seuil, dit le Vieux Sage, celui du passage du silence de la plénitude à la Plénitude du Silence". Et le Vieil Homme disparut.

Texte de Charles Brulhart, Décembre 1995"Vous pouvez utiliser librement ce document, à condition de ne pas le modifier et de mentionner sa source : https://clicks.aweber.com/y/ct/?l=HZtGS&m=mVdTByVkYtFY&b=fAtpnuFIaV1SFp5lOri0fwet le nom de son auteur : Charles Brulhart."

Posté par DANIEL GENTY à 07:00 - Enseignement spirituel - Commentaires [23] - Permalien [#]
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Commentaires sur Les trois sagesses de la voix spirituelle

  • J'ajouterai volontiers une quatrième sagesse :
    et pour arriver au dernier Seuil, il va te falloir une longue vie de transpiration et encore de transpiration… et je dirais même plus, de pas mal de transpiration…
    parce que tout ça : putain ! C'est pas gagné !…

    Posté par alainx, 12 novembre 2019 à 18:28 | | Répondre
    • Oui, c'est pas gagné !! car il faut bosser sur soi, prendre des claques et savoir en tirer des leçons !!

      Posté par DANIEL GENTY, 13 novembre 2019 à 14:49 | | Répondre
  • C'est là un très agréable texte à lire qui donne à réfléchir !
    Passe une bonne soirée . Cordiales amitiés & à +

    Posté par Gabray 31, 12 novembre 2019 à 18:48 | | Répondre
    • Belle soirée toulousaine !

      Posté par DANIEL GENTY, 13 novembre 2019 à 14:49 | | Répondre
      • Merci beaucoup ! Passe une très bonne fin de journée . Cordiales amitiés & à +

        Posté par Gabray 31, 15 novembre 2019 à 17:12 | | Répondre
  • ainsi pour le peu parlait Zarathoustra ...
    "on naît tel qu'on est " il faut se savoir pour savoir, il faut se connaître pour connaître, et se reconnaître pour reconnaître le monde des humains ... et VIVRE !
    amitié .

    Posté par claudeleloire, 13 novembre 2019 à 07:36 | | Répondre
    • Vivre !! pleinement, totalement , sans regrets. Vivre un peu comme un pirate, loin des conventions mais dans l'authenticité !

      Posté par DANIEL GENTY, 13 novembre 2019 à 14:51 | | Répondre
  • Pas trop de toute la semaine pour méditer....

    Posté par manouchej, 13 novembre 2019 à 08:58 | | Répondre
    • Pas de temps pour méditer? Comment ça ?

      Posté par DANIEL GENTY, 13 novembre 2019 à 14:52 | | Répondre
  • C'est un bien joli texte, mais selon moi assez utopique.
    Sans le jugement dans ce qu'il représente réellement à savoir le libre arbitre et la capacité à raisonner, à analyser, je ne sais pas comment on peut conduire sa propre vie et construire son éthique. Juger n'est pas condamner, toute la différence est là, et souvent les deux sont amalgamés.
    Porter un jugement est selon moi une bonne chose faute de quoi je crains que nous ne nous transformions tous en mouton de Panurge.
    Bonne journée

    Posté par Pascale MD, 13 novembre 2019 à 09:51 | | Répondre
    • Juger.......Je ne sais pas ......Mais analyser avec lucidité....Oui !

      Posté par DANIEL GENTY, 13 novembre 2019 à 14:54 | | Répondre
      • L'analyse est l'étape préalable au jugement légitime.Car tout comportement n'est pas légitime au regard de la loi commune, démocratiquement établie.

        Posté par alainx, 13 novembre 2019 à 15:53 | | Répondre
        • Oui; toujours réfléchir avant de porter un jugement.

          Posté par DANIEL GENTY, 15 novembre 2019 à 18:01 | | Répondre
      • Analyser, estimer, expertiser, comparer, jauger, estimer, mesurer, et donc juger ce sont tous des synonymes, sauf qu'à présent le mot "jugement" est devenu quasi une grossièreté, amalgamée avec le fait de condamner.
        Le jugement est la base de la philosophie qui justement nous porte à conserver notre libre arbitre au travers l'analyse.
        Même dans un tribunal, le jugement est l'analyse de la culpabilité ou de l'innocence menant ou pas à une condamnation.
        Bonne fin de journée

        Posté par Pascale MD, 15 novembre 2019 à 15:22 | | Répondre
  • D'ailleurs, le simple fait de dire "C'est un bien joli texte", c'est déjà porter un jugement

    Posté par Pascale MD, 13 novembre 2019 à 09:52 | | Répondre
  • "courageux, habile, intelligent", fils de roi de surcroît, ce prince avait déjà de bons atouts pour commencer sa vie. Accepter sans juger (soi, les autres, le monde) c'est quitter son humanité pour rejoindre le divin en soi. La porte est étroite.

    Posté par Marie, 13 novembre 2019 à 12:04 | | Répondre
    • Effectivement la porte est étroite....Nous jugeons souvent ! Nous ne sommes que des humains. Parfois je m'en veux !!

      Posté par DANIEL GENTY, 13 novembre 2019 à 14:57 | | Répondre
  • Un texte plein de sagesse(s). A méditer et à relire plusieurs fois...
    Merci Daniel. Belle soirée à toi.

    Posté par Françoise, 14 novembre 2019 à 18:08 | | Répondre
  • Bonne soirée et médite bien !

    Posté par DANIEL GENTY, 15 novembre 2019 à 18:02 | | Répondre
  • On ne peut pas changer le monde, mais nous pouvons dire ce que nous voulons : "nous voulons la paix, nous ne voulons pas de la guerre, nous voulons prendre soin de la planète, nous voulons nous entraider, nous voulons l'harmonie, le paradis sur terre." Nous nous sommes tus trop longtemps. Il est temps d'élever nos voix.
    Quand nous serons assez nombreux à nous exprimer, partout, sur toute les tribunes possibles et dans l'intimité de nos relations, ça va basculer dans ce sens là, c'est une question de masse critique. Alors, les cupides seront tellement en minorité. Présentement on entend que leurs voix à eux, tous les médias leur appartiennent.

    Posté par kéa, 15 novembre 2019 à 19:43 | | Répondre
  • Totalement, absolument d'accord avec toi. J'en ai assez que les riches amassent toujours plus d'argent. Je suis pour la création d'un impôt sur la pauvreté à prélever sur la fortune des riches. Il faut que l'écart entre riches et pauvres diminuent

    Posté par DANIEL GENTY, 16 novembre 2019 à 17:17 | | Répondre
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