Il y a maintenant plus de trois mois que l’Espace 34 (le centre de bien être que j’avais créé avec une amie) est fermé. Cet événement a une incidence majeure sur ma vie qui se trouve complètement transformée : plus de réunions, moins de contacts, plus de déplacements, de communications téléphoniques. Après avoir été au centre d’une activité très prenante, je me retrouve seul. Drôle d’impression où les perceptions de la vie et de son environnement changent du tout au tout. Je me rends compte que nous occultons des pans entiers de l’existence, pris par nos activités nombreuses et variées.

Moi, par exemple, je redécouvre la vie domestique, la vie quotidienne et le temps qui passe. La musique reprend son importance et la méditation aussi. Je m’investis encore plus dans mes cours de yoga et passe plus de temps avec mes élèves.

Un nouveau cycle se présente fait de réflexions et d’intériorisation. Je suis comme suspendu dans l’espace.

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J’avance sur un fil, fragile et étonné. Nous vivons des expériences nouvelles qui nous portent je ne sais où. La main du divin sans doute. J’apprécie cette solitude et cette liberté nouvelle. Je prends mon temps et n’ai plus aucune pression sur les épaules. Des choses que je ne voyais pas auparavant deviennent importantes ce qui me conforte dans l’idée suivante : « Le monde nous apparaît tel que nous le vivons. Il y a autant de mondes que d’individus. Nous créons le monde qui nous entoure ».

Pendant que je suis en train d’écrire, je ressens tout cela. Je suis dans ma véranda et le regard que je pose sur mon jardin, mes arbres, la vigne vierge, n’est plus le regard d’ il y a trois mois. Tout vibre autrement pour moi et pourtant rien n’a changé.

La seule petite angoisse qui me taraude concerne l’avenir » Que vais-je faire dans les prochains  mois? ». Pourtant la sagesse m’invite à profiter de l’instant présent.

Daniel