Elle s'appelle Dyhia
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Elle s’appelle Dyhia. Elle est kabyle et elle a quitté son pays il y a maintenant 4 ans. Elle vit en région parisienne dans le sud de l’Essonne. Quelle transition entre son petit village de Kabylie, situé dans les montagnes et l’agglomération parisienne !! Un grand écart…..Faut être souple !! Elle étouffait et avait besoin de liberté. Alors elle a pris sa valise et l’avion pour atterrir à Orly
Mais Dyhia ne regrette rien. Elle a voulu quitter un pays où règne une forme de dictature pour avoir plus de liberté. Et la dictature, elle ne supporte pas. Elle veut être libre et dire ce qu’elle pense. Elle nous dit clairement qu’elle n’est pas algérienne mais kabyle, qu’elle n’est pas arabe mais berbère. En 1994 son père, qui était journaliste, et son oncle ont été égorgés par des djihadistes.
C’est une jeune femme déterminée et courageuse. Pour subsister en France , elle fait des ménages chez des particuliers dont chez moi.
J’aime beaucoup Dyhia, une personne intelligente qui a passé son bac en Kabylie et s’est adaptée facilement à la culture française. « Dans votre pays, on se sent libre de dire ce que l’on pense » me dit-elle souvent. » Et puis Paris est une belle ville où il y a tant à faire ».
Je suis admiratif de son ouverture d’esprit et de ses facultés d’adaptation. Nous avons souvent, entre deux coups d’aspirateur, de grandes discussions politiques sur le sort de l’Algérie, sur la vie.
Vendredi dernier elle avait envie de parler de son enfance : « J’habitais un petit village en montagne, ,loin des villes. Nous vivions chichement. Ma mère cultivait son jardin et élevait des vaches qu’elle vendait. Nous étions 6 enfants et moi j’avais un jumeau qui est décédé dans un accident de montagne.
J’étais très jalouse de lui car ma mère lui passait tout et était aux petits soins pour lui alors que moi, en tant que fille, j’étais reléguée au second plan. J’avais même essayé de le pousser dans un ravin !
La vie était rude dans les montagnes et l’hiver on avait froid mais on était habitué à cette vie simple. Même si mon pays me manque, je crois que je ne retournerais jamais vivre dans la montagne "