RER

 

La gare de Juvisy sur la ligne du RER C, il est 6h45. Le train doit arriver à 6h48. Il fait un froid de canard attisé par un vent violent qui balaye tout le quai. La voix bien connue, comme souvent, surgit du haut-parleur « A la suite d’un léger incident survenu sur la voie, le train aura 15 mn de retard ». Le quai continue à se remplir de monde……Le trajet risque d’être difficile. J’ai froid aux mains et je peste intérieurement contre la SNCF. Je scrute le bout du quai….Ah , le voilà enfin. C’est la ruée. Les rames sont prises d’assaut sans ménagement…Sauve qui peut, on joue des coudes…Un seul objectif : monter dans la rame. Tant pis pour les pieds des autres !!

20 mn de trajet serrés comme des sardines. Je retrouve des têtes connues, des habitués. Je leur ai tous donnés un surnom. Il y a « Layette » qui tricotte une brassière, toujours assise. Elle en a de la chance ! A mon avis elle vient de loin. Toujours penchée sur ses aiguilles sans lever le nez. En face d’elle, toujours assis lui aussi, c’est « dormeur » (pas celui des sept nains), non un jeune homme qui finit sa nuit tous les matins dans le train. Il ronfle de temps en temps mais personne ne dit rien !

Tiens, voilà « Smartphone ». Il y a bien une semaine que je ne l’ai vu. Les écouteurs sur les oreilles et le regard dans le vague. Un étudiant sans doute. Cheveux longs, veste avachie et gros godillots. Un gros bouton sur la joue !

Et puis ma préférée. Elle est là tous les matins. Voici « Bambi », aux yeux de biches,  avec ses formes généreuses et son parfum envoutant. Toujours bien habillée, toujours sexy ! J’ai tout le temps pour la regarder ! Un rayon de soleil dans la grisaille du voyage.

Si des odeurs de parfum plus ou moins agréables flottent le matin dans le wagon, il n’en va de même le soir au retour. La sueur a remplacé les effluves de parfum, signe que l'on gagne bien son salaire à la sueur de son front !!. Dure vie que d’être un travailleur parisien, parqué un peu comme des moutons dans des trains qui vont les déverser dans les gares parisiennes…….Comme une marée humaine qui se répand dans la capitale…………

Paris - banlieue, banlieue - Paris: le principe des vases communicants !

Daniel