nuit

 

Quand le soir tombe sur la ville, plus rien n’est pareil. Les toits font grise mine et les rues s’endorment doucement à la lueur des réverbères Les chats commencent à roder et l’ombre des badauds, glissant sur les trottoirs, s’enfonce dans l’inconnu.

Un autre monde est en train de naître, celui de l’aventure, des secrets, de l’anonyme. Entre les nuages, file la lune silencieuse, énigmatique et voyeuse. C’est le temps du silence, des soupirs, du frôlement des draps. J’aime ce moment où tout s’endort et s’évanouit dans les brumes du hasard 

Tout vibre autrement, intensément d’une façon impalpable. Le silence nous parle et le contact avec le divin est là, à portée de l’âme. Dans cet instant ou tout s’arrête et vit à la fois mais d’une autre manière, il m’arrive, recroquevillé au fond de mon lit, d’être très créatif. Mes pensées vagabondent avec acuité, des idées surgissent et ma tête se remplit de mots, de phrases, de textes.

En fait la nuit je crée mes jours car bien souvent il ne me reste plus, au levé, qu’à coucher les textes sur le papier ou à réaliser les actions suggérées pendant cet instant magique. J’ai la sensation que cela surgit de moi et d’ailleurs….. comme guidé par un fil invisible.

« Sur la barque du sommeil,

Emportées par le vent de l’oubli,

Les dormeuses s’arrêtent à l’escale

Des rêves surgissant de la nuit.

Elles respirent au rythme des réveils

Qui poursuivent leur ronde sidérale

Sur l’écran noir de l’infini. »

Daniel