lope

Quand je pense que chacun d'entre nous va bientôt aller voter pour le névrosé qu'on déteste le moins, cela me rend bien triste. Seul, dans l'isoloir, face à sa conscience, qui choisir ? : Marine Le Pen et ses 144 engagements, Benoit Hamon et son revenu universel, François Fillon et ses casseroles, Macron et ses valses hésitations ou Mélenchon et sa révolution fiscale. Où alors on ferme les yeux et on prend un bulletin et  paf ! au hasard..... ou bien on s'abstient carrément !!

Imagine-t-on un seul instant un candidat qui annoncerait que la situation actuelle  le satisfait, que le pays ne va pas si mal et qu'il n'y a rien à changer. Aucune chance d'être élu !

 Les promesses électorales se multiplient, elles tombent comme à Gravelotte pour nourrir les espoirs et les rêves des français. Utopie et démagogie vont bon train. Rappelez vous: Moi Président.......Rappelez vous Jacques Chirac promettant un logement social pour tous ou répétant ce slogan "travailler plus pour travailler plus", slogan repris par Nicolas Sarkozy....Et bien d'autres.

Cela me rappelle un souvenir d'adolescent. Lors d'une élection présidentielle, je descendais le boulevard Saint Michel lorsque je vis un attroupement sur la place du même nom. Plusieurs étudiants entouraient une sorte d'hurluberlu à la chevelure rousse et à la fine moustache, un grand chapeau noir vissé sur sa tête et son éternel nœud papillon: Ferdinand Lope, figure bien connue du monde estudiantin et candidat malheureux à toutes les élections législatives et présidentielles de l'époque. Roi du canular,  Il faut dire que toutes ces promesses électorales étaient aussi farfelues les unes que les autres. Ce jour là il dissertait sur une mesure phare de son programme: la prolongation de la rade de Brest jusqu’à Montmartre et l'extension du boulevard Saint-Michel jusqu’à la mer (dans les deux sens).

Son programme, baptisé"lopéothérapie" comprenait un certain nombre de mesures totalement délirantes:

  • l'extinction du paupérisme à partir de dix heures du soir ;
  • la construction d'un pont de 300 m de large pour abriter les clochards ;
  • l'installation d'un toboggan place de la Sorbonne pour le délassement des troupes estudiantines
  • la nationalisation des maisons closes pour que les filles puissent avoir les avantages de la fonction publique ;
  • le raccourcissement de la grossesse des femmes de neuf à sept mois ;
  • l'aménagement de trottoirs roulants pour faciliter le labeur des péripatéticiennes ;
  • l'octroi d'une pension à la femme du soldat inconnu ;
  • l’installation de Paris à la campagne pour que les habitants profitent de l’air pur ;
  • la suppression du wagon de queue du métro.

 

Pour terminer ce programme totalement innovant et avant gardiste, je citerai cette célèbre maxime"« Mes amis, pour faire baisser le prix des produits laitiers , il faut remplacer les vaches par des tôles. Parce que les tôles on-du-lées ».

Tout cela se passait juste avant 1968. On rigolait à cette époque !!Maintenant la politique, c'est du sérieux, du dur. Mines tristes, regards sévères, postures conquérantes mais toujours des promesses qui ne se réaliseront que rarement......  

Daniel