Les voies de l'âme

Ce blog a pour objet d'amener à réfléchir sur le sens de la vie, sur notre évolution personnelle. C'est donc l'expression d'un chemin de vie à la fois philosophique et spirituel.

18 février 2017

Moi, moi, moi.....

 

moi

 

 

Moi, moi, moi......Je, je je.....C'est moi, je m'écoute, je veux avoir raison. J'explique et j'essaie de convaincre. Moi d'abord, les autres après.....Ce n'est jamais de ma faute !!

Ah ce moi qui prend de la place, qui gonfle jusqu'à éclater et qui nous fait vivre dans l'illusion. C'est comme un territoire avec des frontières bien marquées, une sorte de pré carré qui n'apprécie guère les ingérences.

Le moi est susceptible, sélectif et centré sur lui. Pourtant on ne peut vivre sans lui. C'est un peu notre colonne vertébrale. Veillons simplement à ce qu'il ne prenne pas trop de place car plus le moi sera fort et plus nous serons séparés du monde.

Son principal défaut est de toujours interpréter ce qui se présente à lui: événements ou personnes. Il comporte alors un grand risque de créer un monde illusoire où nos émotions prendront toujours le pas  sur une certaine objectivité. Un moi fort a du mal à accepter les différences, à composer avec les aléas de la vie.

Un peu dommage tout ça....... car la vie pourrait prendre une autre dimension si ce principe de séparation était remplacé par un autre principe: celui de la connexion, connexion aux autres, aux différences, aux mondes( oui...car il y a plusieurs mondes). Encore faut-il que le moi s'efface un peu !!

Daniel

"Nous sommes libérés par ce que nous acceptons mais nous sommes prisonniers de ce que nous refusons"

Swami Prajnanpad

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Commentaires sur Moi, moi, moi.....

    Bonjour, votre texte est intéressant mais reste théorique.....Pourriez vous être plus j'allais dire ....terre à terre.....et nous montrer concrètement le chemin

    Posté par UNE AME, 18 février 2017 à 08:13 | | Répondre
    • Voici un texte , un peu long, que j'ai diffusé en 2011. Il explique très bien le mécanisme de l'ego. Bonne lecture

      L'ego et la conscience


      En farfouillant dans mes archives de yoga, je viens de retrouver un article, paru en 2000 dans Médecines Douces, qui explique parfaitement, à mon sens, ce qu’est l’ego. C’est un sujet qui m’a toujours intéressé, sans doute parce que j’ai moi-même un problème d’ego. L’article est un peu long mais ô combien intéressant !!
       
      Imaginons un cercle avec un point central. Le cercle, c’est l’ego, une espèce de bulle emprisonnant le point central qui, lui, symbolise la conscience, l’esprit.
      La conscience
      A l’origine de chacun d’entre nous, il y a la conscience. Sans elle, il est évident que rien ne pourrait apparaître. Certains croient en Dieu, d’autres non….mais personne ne peut nier sa propre conscience. Bien sûr, la conscience n’est pas un objet. Elle est le Sujet. Elle est ce que de nombreux maîtres spirituels appellent le « Soi », pur sentiment de présence qui demeure même en l’absence de pensées, et qu’il ne faut donc pas confondre avec le »je-ego » créé par le mental. Ainsi, la conscience n’est pas le mental. Et le mental ne peut appréhender la conscience. C’est pourquoi certaines traditions spirituelles, comme le Taoïsme ou le Zen, préfèrent parler de Vide plutôt que de conscience, de ce « Vide central », par exemple, « sans lequel la roue ne pourrait tourner », comme le dit Lao Tseu. L’Hindouisme et le Bouddhisme, pour leur part, parlent de Sunia, concept métaphysique à l’origine du zéro mathématique. Mais d’autres traditions,  sans doute dans le but d’offrir tout de même au mental un petit os à ronger, préfèrent employer l’image d’un grain de poussière, d’un atome ou d’un simple point géométrique, pour ce principe spirituel fondamental.
      Comme tous les points géométriques, ce point symbole du Soi, de notre identité réelle n’a pas de dimension. Le cercle de la personnalité, au contraire, est dimensionné. Il occupe une place spécifique dans le monde. Bref, il est personnel. Alors que le point de Conscience reste impersonnel.
      Tant qu’elle demeure à l’intérieur d’elle-même, notre identité n’est donc qu’un point impersonnel et sans dimension. En revanche, lorsqu’elle sort d’elle-même pour habiter un conditionnement personnel, elle crée un espace et invente des séparations à l’infini, entre moi et non-moi, sujet personnel et objet, bien et mal, etc…..
      L’ego
      Le cercle de l’ego est alors précisément chargé de marquer la frontière entre toutes ces séparations, et bien sûr avant tout entre moi et non-moi. C’est une forteresse ne laissant pénétrer que le semblable et interdisant tout accès à ce qui semble trop différent.
      Au cours de l’évolution de son histoire, l’homme a renforcé ce cercle en commençant par se construire des huttes ou des cases circulaires, puis en bâtissant des cités dont le centre était évidemment toujours le centre du monde, et au-delà des murs desquels s’étendait un vaste chaos peuplé de barbares par définition non civilisés, quand ce n’était pas franchement non humains.
      L’ego est à cette image : une édification hermétique de concepts, de valeurs, de références, d’expériences, de souvenirs, délimitant une frontière entre intérieur (sujet/moi) et extérieur (objet/non moi), filtrant l’information en provenance de l’extérieur afin de n’accepter que le seul conforme, et projetant ses propres formes conceptuelles à l’extérieur, de telle sorte que le monde ne soit expérimenté qu’à travers l’image que l’on s’en fait.
      On ne peut imaginer structure plus fermée sur elle-même, cultivant ses propres représentations du réel, et répétant sempiternellement les mêmes types d’expériences enregistrées depuis l’enfance. Et lorsqu’un Maître spirituel annonce qu’il faut aimer son prochain comme soi-même, c’est naturellement à la mort de l’ego qu’il invite ses disciples, car, même en cultivant des trésors de gentillesse ou d’hypocrisie, le moi reste structurellement incapable d’aimer autre chose que l’image qu’il a des autres, ou la projection de lui-même sur les autres…..c’est à dire exclusivement lui-même !
      Le cercle des expériences disparues
      Ce que chacun appelle « moi » n’est qu’un amalgame des souvenirs d’expériences passées, tout à fait semblable à un enregistrement sur une bande magnétique, mais auquel la puissance infinie du point central de la Conscience donne une apparence de vie.
      L’ego, comme on le comprend, n’est que rêve, et bien souvent cauchemar, mensonge, corruption, maladie….Mais reste à savoir si, en dehors de son horreur intrinsèque, il présente un intérêt au point de vue de la Conscience ?
      Bien sûr, l’ego n’est qu’un ensemble de conditionnements organisés en cercle vicieux, qu’un magma d’ombres du passé incarcérées dans la répétivité, qu’une illusion qui, par pure terreur de ce non-moi absolu qu’est la Réalité, finit par se considérer comme la chose la plus importante au monde, devenant ainsi un véritable malfaiteur, un tueur de tout ce qui s’oppose à lui. Bien sûr, même animé des meilleures intentions - celles dont l’enfer est parait-il pavé de mauvaises intentions - l’ego ne peut faire que de mauvais coups. Au mieux, ignorant tout ce qui n’est pas lui - c'est-à-dire énormément de choses ! - il commet erreur sur erreur. Au pire, luttant désespérément pour se maintenir, acquérir et gonfler, il détruit tout sur son passage.
      Pourtant, cet ego menteur, voleur, violeur, dévastateur et assassin, cet ego responsable de tout le malheur du monde, depuis les conflits familiaux jusqu’aux guerres, en passant par l’exploitation de l’homme et la destruction de la planète, pourtant cet ego est le meilleur moyen qu’ait trouvé la Conscience pour retourner à Elle-même.
      La cible du Soi
      Si l’on reprend l’image du cercle entourant le point central, on ne peut manquer de faire le rapprochement avec une cible ; une cible dont le cercle excentrique serait l’ego, et le cœur serait la Conscience. Voilà donc à quoi pourrait bien servir l’ego : à cibler la conscience !
      Ce n’est donc pas une erreur de la part de la Conscience que de laisser se mettre en place un système aussi isolant que l’ego. Tout comme pour nettoyer une façade d’immeuble de la crasse recouvrant la pierre on monte un échafaudage qui, pourtant, cachera et enlaidira plus encore l’édifice, de la même manière il est paradoxalement utile de circonscrire le travail de découverte de l’Absolu à l’intérieur d’une enceinte de relativité. A condition, bien sûr, de rester conscient de la nature provisoire d’un tel échafaudage, et de ne jamais le prendre pour l’édifice lui-même, sa construction relève d’une nécessité dépassant largement le désagrément
       Qu’il ne manquera de causer. Mais, tout comme dans le cas du cocon protégeant le processus de transmutation de la larve en insecte parfait, ce n’est évidemment qu’au jour de l’ouverture de l’enveloppe, du démontage de l’échafaudage, à la dissolution de l’ego, que se révèle définitivement la beauté.
      La dissolution de l’ego
      Tous les enseignements spirituels sérieux prêchent la mort de l’ego. La crucifixion de Jésus, par exemple, est un symbole lumineux de la nécessité de mourir à soi-même. Les cathares parlaient de l’Endoura, l’auto sacrifice, que beaucoup d’historiens ont d’ailleurs stupidement interprété comme une incitation au suicide. La voix du silence explique clairement que « le mental est le grand destructeur et qu’il faut détruire le destructeur ». Le terme bouddhiste Nirvana ne signifie rien d’autre qu’extinction. Toutes ces morts, ces destructions, ces extinctions, ne visent évidemment que l’ego. L’ego doit donc se dissoudre. Mais comment ?
      Deux écoles existent, dans pratiquement toutes les traditions, l’une étant dite « progressive » et l’autre « abrupte ». La Voie progressive enseigne que, pour que le cercle de l’ego puisse diminuer sans se briser, il faut le rendre de plus en plus souple, ou de plus en plus transparent. Cela revient à dire qu’il est nécessaire de se livrer à une sorte de psychothérapie spirituelle visant à résoudre les blocages névrotiques et les scléroses émotionnelles qui, il faut bien l’admettre, s’accordent mal avec la souplesse requise dans le processus de resserrement du cercle de l’ego. Quant à la Voie abrupte, ou immédiate, elle consiste plutôt à tourner le regard le plus directement possible vers le centre de la cible, laissant au pouvoir d’auto guérison- en l’occurrence décuplé par ce face à face avec la Conscience – le soin d’assurer les ajustements progressifs des cercles concentriques.
      De toute manière, l’unique salut ne consiste-t-il pas à se tourner vers ce qui seul peut être détruit : le soi au centre de la cible, la Conscience au centre de Tout ?
      Dominique Karme( Médecine Douce /juillet–août 2000)

      Posté par DANIEL GENTY, 18 février 2017 à 17:46 | | Répondre
  • Mes amis me disent "sans ego" et me le reprochent, vas comprendre...

    Posté par manouche, 18 février 2017 à 08:48 | | Répondre
    • Comprendre l'inconscient n'est pas donné à tous et encore moins à nos amis. Il ne suffit pas de théoriser sur le don de soi ou sur lâcher prise ou que sais je encore pour être libérer du carcan manipulateur de son propre inconscient.
      J'aime à partager sur ce qui constitue les travers des comportements car nous en sommes tous plus ou moins proches. ça libère aussi ....

      Posté par UNE AME, 18 février 2017 à 09:01 | | Répondre
      • Moi aussi j'aime m'attarder sur tout ce qui est comportemental. C'est intéressant et essentiel. Je suis comme tout le monde avec mes failles et mes faiblesses et j'essaie humblement de m'améliorer .

        Posté par DANIEL GENTY, 18 février 2017 à 17:49 | | Répondre
    • Ils ont tort ! Peut être ont-ils eux mêmes un ego fort ?

      Posté par DANIEL GENTY, 18 février 2017 à 17:47 | | Répondre
  • savoir que nous sommes un parmi les autres et que, sans eux, nous ne sommes rien...bien ressentir cela nous délivre un peu du "moi, je"

    Posté par gazou, 18 février 2017 à 09:11 | | Répondre
    • Oui....Nous ne sommes pas le nombril du monde !

      Posté par DANIEL GENTY, 18 février 2017 à 17:50 | | Répondre
  • Comme disait Georges Orwell, certains sont plus "ego" que d'autres ... Et comme disait l'auteur d'un magistrale pièce radiophonique diffusée jadis sur france culture ("Les Jouets") : "Mouah ! Mouah ! Mouah ! Mais il mordrait, ce con-là !"

    Posté par Aloysia_Martine, 18 février 2017 à 09:16 | | Répondre
    • La valse des egos ! A regarder, en ce moment et avec ravissement à travers le monde politique !

      Posté par DANIEL GENTY, 18 février 2017 à 17:51 | | Répondre
  • Quelqu'un disait : je ne suis ni pour ni contre, bien au contraire ! Comme quoi il est toujours d'accord avec lui-même.

    Posté par bizak, 18 février 2017 à 09:30 | | Répondre
    • Ni pour ni contre...C'est déjà un progrès....Le jugement est absent !

      Posté par DANIEL GENTY, 18 février 2017 à 17:52 | | Répondre
  • Il y a tellement de gens autour de nous qui ne parlent que d'eux et se prennent pour le centre du monde. Ils me fatiguent. Se décentrer de soi, s'ouvrir aux autres et pratiquer l'intelligence émotionnelle, voilà une façon de se connecter aux autres et à ce qu'ils vivent.

    Posté par Dédé, 18 février 2017 à 13:16 | | Répondre
    • Bien d'accord sur cette approche qui peut être très riche. Bonne soirée.

      Posté par DANIEL GENTY, 18 février 2017 à 17:54 | | Répondre
  • Ah si chacun savait se taire et écouter l'autre mais vraiment en se concentrant...peu savent le faire car chacun pense à soi et prendre domination par la Parole....

    Posté par Leboudoirdesoi, 18 février 2017 à 15:05 | | Répondre
    • L'écoute, c'est pas évident. Cela exige une grande disponibilité mentale, de l'empathie et une grande ouverture. C'est pas donné à tout le monde !!

      Posté par DANIEL GENTY, 18 février 2017 à 17:55 | | Répondre
  • je pars du principe que "moi" n'existe que parce que "tu" existes ... et je pense que tout être humain doit exister pour que l'autre, les autres soient !
    amitié .

    Posté par Marie-Claude, 18 février 2017 à 16:13 | | Répondre
    • Connection.....Inter action.....Relation.....Ecoute.....Respect de l'autre....

      Posté par DANIEL GENTY, 18 février 2017 à 17:56 | | Répondre
  • En ce moment nous avons droit à de grands débats politiques, de longs discours de campagne .....il est assez amusant de voir les candidats qui commencent leurs phrases par je et ceux qui les débutent par MOI JE.
    Le plaisir d'échanger n'est il pas supérieur au plaisir d'imposer ?
    Au plaisir.
    Chinou

    Posté par chinou, 18 février 2017 à 16:49 | | Répondre
    • Comme toi j'avais remarqué ce Moi Je......Le monde politique est typique de ces égos démesurés qui s'étripent pour prendre le pouvoir qui ne sert d'ailleurs à nourrir encore plus cet égo !

      Posté par DANIEL GENTY, 18 février 2017 à 17:59 | | Répondre
  • Le "Moi je" est monnaie courante. Ce que tu dis me fait penser à un passage du livre "3 hommes en quête de sagesse" que j'avais relevé dans lequel Matthieu Ricard disait ceci :

    "Cesser de coller les étiquettes de “moi” et de “mien” sur soi-même et sur les choses. On sera plus en accord avec la réalité et notre esprit sera plus vaste. Se libérer des caprices de l’ego. Moins préoccupé par le besoin de se protéger, on sera plus disponible pour les autres.
    Être bienveillant. C’est la meilleure façon de réaliser son propre bonheur."

    Bon dimanche Daniel !

    Posté par Florinette, 19 février 2017 à 12:00 | | Répondre
    • Une belle phrase, tout à fait juste. Tout le monde devrait et surtout l'appliquer !

      Posté par DANIEL GENTY, 20 février 2017 à 14:47 | | Répondre
  • Le "moi" est rassurant et donne de l'allure: "Moi Président"....

    Posté par alezandro, 19 février 2017 à 16:41 | | Répondre
    • Humour ? Quand on voit ce que cela a donné !

      Posté par DANIEL GENTY, 20 février 2017 à 14:48 | | Répondre
  • C'est vrai que certains ont un ego surdimensionné, mais cela n'est-il pas synonyme de peur ? Peut-être n'ont-ils pas trouvé d'autre moyen d'exister ? Peut-être est-ce leur seule manière de se sentir exister ?
    En ce qui concerne le mental, il est vrai qu'il est bien difficile certains jours d'arriver à le faire taire. Les pensées envahissent notre esprit, et nous ne savons plus ce que désire véritablement notre moi intérieur. D'où l'importance de faire quelques minutes par jour de la méditation pour laisser pendant quelques instants les pensées de côté.
    Merci pour ce billet très intéressant, Daniel, ainsi que le texte que tu as mis en commentaire.
    Bel après-midi à toi.

    Posté par Françoise, 23 février 2017 à 14:42 | | Répondre
    • Tu as raison: méditer chaque jour un peu est excellent pour établir le calme en soi, loin de la fureur du monde. Personnellement je le fais aussi.

      Posté par DANIEL GENTY, 24 février 2017 à 17:47 | | Répondre
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