Le val de graceLe Val de Grâce à Paris

 

Hier, le Val de Grâce, l’hôpital militaire parisien. J’accompagne une vieille amie qui  a beaucoup de mal à se déplacer. Elle a rendez vous au service de consultation cardio vasculaire afin de contrôler le fonctionnement de son pace maker. Nous entrons dans la salle d’attente en disant « Bonjour ». Avec un bel ensemble, tous les patients qui sont là répondent en cœur «Bonjour ». Nous nous asseyons. Un silence de plomb règne dans la salle d’attente. Tout le monde attend qu’on appelle son nom. Une femme arrive un peu pressée comme si elle était en retard. Elle s’assoit et s’éponge le front. Puis elle plie soigneusement sa veste pour la placer derrière son dos tout contre le dossier de la chaise. Sans doute un quelconque mal au dos. Elle reprend sa respiration et met ses deux mains devant le visage en signe de désespoir.

Face à moi, un vieux monsieur très distingué  dans son costume gris, accompagné d’un ami, attend ses résultat d’examen Il a une belle chevelure blanche (on dirait qu’il s’est coiffé avant d’entrer dans la salle d’attente). A ma gauche, une femme habillée tout en blanc avec un sac à main en laine blanche, les cheveux long, maquillée, se tient toute droite sur sa chaise. Elle ouvre le dossier qui est sur ses genoux, prend son stylo et se met à écrire une lettre. Je la regarde et la soupçonne d’avoir une personnalité rigide (ce n’est pas bien de ma part de juger comme cela les gens). Un docteur entre avec un dossier à la main et le remet au vieux monsieur. Ce sont ses résultats d’examen. Le vieux monsieur ouvre le dossier avec anxiété, lit attentivement. Son visage se détend. Il parle à voix basse avec son ami. Ils se lèvent et s’en vont.

Un homme rentre, la cinquantaine, en simple tee short qui fait ressortir ses muscles saillants. Sur les bras, des gros tatouages. Il s’assoit, droit comme un i et attend les bras croisés sur sa poitrine musclée. On le sent décidé, mais décidé de quoi ?

Les patients quittent la salle un par un, appelés par leur médecin. Je me retrouve seul. Je sors dans le couloir faire quelques pas. Mon regard se pose sur une pancarte » les fleurs coupées et les fleurs en pot sont interdites lors des visites ». Des portes s’ouvrent des hommes et des femmes en blouse blanche apparaissent et disparaissent un dossier à la main, le regard sévère. Ballet mystérieux des infirmières et des médecins.

Monde secret et tout puissant du corps médical face à la population des patients anxieux ou résignés.

Daniel