Les voies de l'âme

Ce blog a pour objet d'amener à réfléchir sur le sens de la vie, sur notre évolution personnelle. C'est donc l'expression d'un chemin de vie à la fois philosophique et spirituel.

29 mai 2012

Ce cher PLV

Lorsqu'Alain raconte des souvenirs de sa vie, il le fait avec beaucoup de sensibilité et avec un réel talent de conteur. Je diffuse donc cette réponse qu'il a faite à PLV à propos de son texte sur Verdun.

verdun

Verdun

Je suis touché aussi par la grande sensibilité de PLV.
J'ajouterais délicatesse, raffinement ou encore douceur, féminité, sagesse.
En premier lieu PLV est un historien de l'art, de la littérature, un homme cultivé et un pratiquant catholique fidèle, assidu, incorruptible.

Je suis touché aussi par Verdun puisque mon grand-père maternel y était, en tant que soldat.
J'avais 18 ans quand il nous a quittés, le 22 mai 1968. J'étais à Paris, à Saint-Ouen exactement, pour un tournoi international de football.
Je me souviens, nous sommes arrivés par car. Nous étions hébétés de voir les pavés recouvrant les trottoirs et laissant les rues en terre. Les vitrines des boutiques étaient pour la plupart brisées.
Ma famille n'a pas voulu me prévenir de la mort de mon grand-père. Je l'aimais beaucoup et c'était réciproque. Nous jouions de temps en temps dans un café sur le Boulevard de la Croix-Rousse à un jeu typiquement lyonnais qui s'appelait le "cochonnet".
C'était un jeu de billard qui ressemblait à la pétanque. Nous avions chacun huit boules, soit les jaunes soit les rouges et il y avait le bouchon que l'on appelait le cochonnet.
Comme j'étais déjà un champion de billard français, alors bien sûr je gagnais contre mon grand-père.
Puis je repartais et il semblait fier de son petit-fils.
Jamais il ne m'a parlé de Verdun, je devais être trop jeune ou bien les horreurs de la guerre l'ont sans doute marqué à tel point qu'il était toujours discret, réservé, peu disert.
Avec sa femme, ma grand-mère, ils formaient un couple extraordinaire. Ils ne se quittaient jamais, de jour comme de nuit.
A Paris, nous avions une très belle équipe lyonnaise avec des joueurs comme Lacombe, Domenech, Félix, Caccioni et il y avait les marseillais comme Courbis, Gili, Emon et puis les portugais, italiens, anglais et yougoslaves.
J'ai été élu meilleur joueur du tournoi. Ce fut l'un des plus beaux souvenirs de ma vie que ce tournoi international.
Quand je suis rentré, ma mère m'a annoncé la mort de Papy, son papa. Je me souviens, je me suis enfermé dans ma chambre et j'ai écouté Beethoven toute la journée, allongé sur mon lit.

Merci PLV de raviver des souvenirs qui parfois sont enfouis mais qui, à l'occasion, ressurgissent spontanément et donnent la nostalgie du coeur.

Alain

Posté par DANIEL GENTY à 07:00 - Expériences de vie - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires sur Ce cher PLV

  • Que des artistes !

    Oui ! oui !
    Sur le blog de Daniel, les prolifiques proliférent !
    La preuve : J'y suis !
    Quelle vedette cette Evelyne (comme dirait Mamydou).

    Hou ! Hou !

    Posté par Eve Lyne, 29 mai 2012 à 08:10 | | Répondre
  • Émouvant

    Émouvant ce commentaire d'Alain que tu as publié. Merci pour le partage.Amitiés philosophiques.

    Posté par Ariaga, 29 mai 2012 à 17:27 | | Répondre
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