Les voies de l'âme

Ce blog a pour objet d'amener à réfléchir sur le sens de la vie, sur notre évolution personnelle. C'est donc l'expression d'un chemin de vie à la fois philosophique et spirituel.

25 mai 2012

Verdun, mythe et réalité

PLV, amoureux d’histoire (mais aussi de généalogie) nous raconte, avec sa belle plume, sa visite à Verdun. Les souvenirs s’effacent doucement. Ne restent que des cimetières, des mémoriaux et quelques vestiges de la guerre dont les fameuses tranchées. Mon grand père me parlait souvent de la bataille du chemin des Dames……

 pélerinde14-18

PLV à Verdun

« Ce désir m'habitait depuis le lycée, vers1974. Jamais concrétisé avant cet été 2011. Et pourtant, Verdun, mythe et réalité ! Comme un rêve qui attire et qui fait peur.
Merveilleuse randonnée mémoire, préservée des gouttes de pluie. Malheureusement au pas de course.
Tant de choses à voir !
Par une solitude toute habitée de visages, de lectures et d'images. Sous un ciel moutonné de grisailles blanche et bleue. La frondaison des arbres, déployant à perte de vue ses camaïeux printaniers. Du vert foncé des sapins élancés, au ton argenté des aliziers.
J'ai ainsi retrouvé ces paysages inoubliables d'une insolente beauté. Vallons rieurs, bordés de douces collines. Plaines infinies arborant le jaune vif des colzas en fleur.
Alors, que choisir ?
Entre les quatre statues romanes exposées dans le cloître de la cathédrale de Verdun, et la crypte, romane elle-aussi, ressuscitée après guerre. Entre les cratères engazonnés des Eparges ou de Vauquois (diamètre de 20 mètres et profond de 10) provoqués par l'explosion de mines diaboliques, Et le paisible ruisseau serpentant parmi les ruines du village disparu de Bezonvaux.
Entre le surprenant port de plaisance du centre-ville de Verdun, et l'immense panorama, s'offrant à 20 kilomètres à la ronde, juché que j'étais sur le toit herbeux du Fort de Douaumont.
J'ai entendu le chant du coucou, tout comme mon grand-père, qui le racontait si bien, en 1964,
Dans le livre de son ami, le capitaine Terrasse "Avant l'oubli" (355ème Régiment d'Infanterie) :
"Le 18 juin 1918, sur les Hauts de Meuse, même monotonie de l'existence. La journée s'achève, dans la sérénité d'un beau soir de printemps. Le croissant de lune, dans un ciel sans nuage, va disparaître derrière les arbres qui garnissent la pente du ravin, En face des abris où les hommes se reposent. Duo du rossignol et du coucou.
Dans le lointain, des soldats chantent.
Est-ce la guerre ?
Eh oui, c'était la guerre, car ailleurs, ça bardait !" »

"On me questionne parfois : Pourquoi Verdun ? Pour moi, point de but particulier à revoir ce haut-lieu. C'est tout simplement une façon de faire du tourisme, historique et intelligent. Montrer que l'horreur passée peut laisser place au beau, qui toujours renaîtra ... de ses cendres.
En écrivant cela, je constate que, psychologiquement, il peut tout de même y avoir un lien entre ma tristesse d'avoir laissé partir mon épouse, et ce chemin de renaissance qui s'ouvre à moi lorsque j'accueille l'Esprit qui souffle.
Les sentiers de solitude sont propices aux ressentis multiples et variés. Il peut alors surgir ce désir de tracer quelques lignes sur le papier.
Ainsi, en me lisant, certains auront presque l'impression d'être avec moi, sur le terrain. Comment rester insensible à ces choses simples et naturelles ?"


PLV

cielsombrecasematepamart 

 Vestige de la guerre: une casemate

 

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 Le port de Verdun

 Le morceau de musique que vous écoutez"Maman la Terre" a été composé par Bernard Tabanous et figure sur son album"Horizon 2012"

Posté par DANIEL GENTY à 07:00 - Expériences de vie - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires sur Verdun, mythe et réalité

  • Tristesse et renaissance

    Merci cher PLV, pour ce travail de qualité ( comme toi, d'ailleurs .)
    La souffrance peut nous conduire à donner le meilleur de nous-mêmes...
    Qui sait ?

    Posté par Eve Lyne, 26 mai 2012 à 07:53 | | Répondre
  • respect

    Une belle sensibilité et une belle plume, PLV !
    Sans en être esclaves, sans chercher à le reproduire, on peut rendre hommage au passé et à ces êtres qui ont tant de fois sacrifié leur vie pour sauver le monde de l'anéantissement .

    Posté par marie christine, 26 mai 2012 à 11:31 | | Répondre
  • Cher PLV

    Je suis touchée par ta description de la beauté et...
    j'ai un pincement au coeur lorsque tu parles de "mines diaboliques".
    Allons-nous un jour, nous les humains, commencer à aimer la vie?

    Posté par kea, 27 mai 2012 à 14:05 | | Répondre
  • Ce cher PLV

    Je suis touché aussi par la grande sensibilité de PLV.
    J'ajouterais délicatesse, raffinement ou encore douceur, féminité, sagesse.
    En premier lieu PLV est un historien de l'art, de la littérature, un homme cultivé et un pratiquant catholique fidèle, assidu, incorruptible.

    Je suis touché aussi par Verdun puisque mon grand'père maternel y était, en tant que soldat.
    J'avais 18 ans quand il nous a quittés, le 22 mai 1968. J'étais à Paris, à Saint-Ouen exactement, pour un tournoi international de football.
    Je me souviens, nous sommes arrivés par car. Nous étions hébétés de voir les pavés recouvrant les trottoirs et laissant les rues en terre. Les vitrines des boutiques étaient pour la plupart brisées.
    Ma famille n'a pas voulu me prévenir de la mort de mon grand'père. Je l'aimais beaucoup et c'était réciproque. Nous jouions de temps en temps dans un café sur le Boulevard de la Croix-Rousse à un jeu typiquement lyonnais qui s'appelait le "cochonnet".
    C'était un jeu de billard qui ressemblait à la pétanque. Nous avions chacun huit boules, soit les jaunes soit les rouges et il y avait le bouchon que l'on appelait le cochonnet.
    Comme j'étais déjà un champion de billard français, alors bien sûr je gagnais contre mon grand'père.
    Puis je repartais et il semblait fier de son petit fils.
    Jamais il ne m'a parlé de Verdun, je devais être trop jeune ou bien les horreurs de la guerre l'ont sans doute marqué à tel point qu'il était toujours discret, réservé, peu disert.
    Avec sa femme, ma grand'mère, ils formaient un couple extraordinaire. Ils ne se quittaient jamais, de jour comme de nuit.
    A Paris, nous avions une très belle équipe lyonnaise avec des joueurs comme Lacombe, Domenech, Félix, Caccioni et il y avait les marseillais comme Courbis, Gili, Emon et puis les portugais, italiens, anglais et yougoslaves.
    J'ai été élu meilleur joueur du tournoi. Ce fut l'un des plus beaux souvenirs de ma vie que ce tournoi international.
    Quand je suis rentré, ma mère m'a annoncé la mort de Papy, son papa. Je me souviens, je me suis enfermé dans ma chambre et j'ai écouté Beethoven toute la journée, allongé sur mon lit.

    Merci PLV de raviver des souvenirs qui parfois sont enfouis mais qui, à l'occasion, ressurgissent spontanément et donnent la nostalgie du coeur.

    Posté par alain thomas, 27 mai 2012 à 15:28 | | Répondre
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