Les voies de l'âme

Ce blog a pour objet d'amener à réfléchir sur le sens de la vie, sur notre évolution personnelle. C'est donc l'expression d'un chemin de vie à la fois philosophique et spirituel.

23 juin 2011

Thomas More

 PLV propose de méditer sur ce beau texte de Frédéric Hadjadj inspirée de cette phrase de Thomas More, écrit en marge de son livre d'heures :"Donnez-moi la grâce de penser que mes pires ennemis sont mes meilleurs amis."

Vos ennemis en effet, vous lancent vers l'aventure. Ils éprouvent votre patience. Tandis que vos amis, pour peu qu'ils manquent de clairvoyance, vous flattent, vous dorlotent, vous étouffent de leurs incontinentes gâteries. Vos ennemis, malgré eux (malgré vous aussi), sont les instruments d'une Providence qui vous guide sur le chemin de la charité parfaite.
Vous continuez peut-être à croire qu'il y a des bons et des méchants, définitifs, inconciliables. La vérité est toute contraire. Il y a en effet le Bien et le Mal, mais la frontière entre les bons et les méchants est difficile à tracer. Elle passe souvent au travers de nos cœurs.
Aussi devez-vous être assurés que, plus quelqu'un vous est antipathique, plus vous avez avec lui une certaine parenté spirituelle.
C'est avec lui que la Providence cherche à vous transfigurer."

Philosophe et dramaturge d'origine juive, Fabrice Hadjadj, né en 1971, développe une oeuvre singulière qui s'enracine et renouvelle la grande tradition apologétique catholique.

Thomas More

Thomas_More2Né en 1478, mort en 1535, More a vécu à une époque charnière du second millénaire. Le 6 juillet 1635, Thomas More était conduit à l’échafaud et décapité après un séjour de quinze mois en prison à Tower Hill. Il avait refusé de prêter le serment exigé par Henri VIII après sa rupture avec Rome et  s’était opposé au roi quand ce dernier va décider que le chef de l'Angleterre ne serait pas le pape mais lui-même. Il a été béatifié par l'Église catholique en 1886 et canonisé en 1935. Savant, juriste, théologien, homme d'État et finalement martyr, son influence s'est moins exercée sur l'évolution de la Réforme en Angleterre que sur la création d'un genre littéraire particulier: la description futuriste d'une société idéale. Le titre de son œuvre la plus célèbre, L'utopie, a fini par devenir  un mot courant de la langue.

Tout dans la vie de More, comme dans celle de Socrate, s’ordonne autour d’une mort à laquelle l’un et l’autre auraient pu facilement échapper s’ils avaient attaché moins d’importance à la voix de leur conscience. Cette voix les incita à marcher vers la mort, incompris même de leurs proches. La mort du premier fut la condamnation du tribunal démocratique d’Athènes; la mort du second mit le protestantisme anglais naissant en contradiction avec lui-même.

Le premier et le plus grand des protestants anglais fut en effet le catholique Thomas More, celui qui poussa le plus loin le respect de sa conscience face au pouvoir spirituel du moment,  l’homme le plus moderne de son temps, celui qui souhaita la plus haute et la plus libérale éducation pour les femmes, et qui l’offrit à ses propres filles.

Source : http://agora.qc.ca/dossiers/Thomas_More

Posté par DANIEL GENTY à 07:00 - Commentaires [3] - Permalien [#]
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Commentaires sur Thomas More

  • Dommage!!!

    Que le chef de l'Angleterre fut le pape ou Henry lui-même ce n'était là que guerre de pouvoir et c'est dommage de perdre sa vie, si précieuse, pour ça. Mais en ce temps-là les croyances étaient si ancrées. Par contre Thomas More me touche beaucoup par ses écrits. De là à le comparer à Socrate je ne suis pas certaine par exemple! Socrate était un maître, un vrai. Thomas... plutôt un disciple.

    Posté par kea, 23 juin 2011 à 13:51 | | Répondre
  • méfiance

    C'est un beau texte, plein de sagesse .
    L'ennemi existe-t-il ? N'est-ce pas une illusion du monde de la dualité ?
    Dans la méfiance, on voit des ennemis mais c'est à cause de notre regard extérieur qui n'est tourné que vers l'apparence (trompeuse) des choses et relayé par le mental qui se fait tout un cinéma .
    Le problème du mental, c'est qu'il est aveugle, alors il se fait des suppositions et des convictions fantaisistes en prêtant à l'autre des sentiments et des intentions qu'il n'a pas forcément .

    Posté par marie christine, 23 juin 2011 à 22:35 | | Répondre
  • L'interdépendance

    Puisque tout est inextricablement lié, nous expérimentons ce monde de l'interdépendance.
    Ceux que l'on pourrait qualifier d'"ennemis" ne sont peut-être pas nos meilleurs amis mais en tout cas sont nos alliés, dans le sens où ce sont eux qui nous font progresser sur notre chemin.

    Dans ses méditations matinales, le Dalaï-lama associe, dans la pratique de Tonglen (le donner-recevoir) les chinois dans leur ensemble et les membres de leur gouvernement et leurs bourreaux en particulier.

    Dans une situation conflictuelle ou encore lorsqu'un drame survient, la bonne réaction est d'avoir une pensée bienveillante, tant à l'égard de la victime qu'à l'égard du bourreau.

    Le Pape Jean-Paul II avait dans son temps montré sa compassion envers son bourreau lorsqu'il est venu parler avec lui dans sa cellule.

    La compassion ici envers le bourreau a ceci d'exceptionnel que celui qui éprouve cette compassion, alors qu'il est la victime, visualise la souffrance que connaît son bourreau par l'augmentation d'un karma très lourd lié à l'acte qui l'a mené dans cette situation.
    Non seulement la victime ne voit pas son propre karma altéré mais elle va profiter de l'expérience vécue pour évoluer sur son chemin spirituel en transformant sa souffrance en éveil.

    Il est connu de toutes les traditions que l'homme s'améliore dans la difficulté et très rarement dans la facilité.

    Enfin, lorsqu'on sait ce que représente l'interdépendance, nous apprenons que les expériences vécues ne sont jamais un hasard et qu'elles proviennent sans doute d'un karma passé. Chaque difficulté est un moyen de purifier son karma et chaque "ennemi" est donc un moyen d'aider celui-ci sur son chemin tout en s'aidant soi-même pour améliorer la condition du monde.

    Posté par alain thomas, 24 juin 2011 à 07:09 | | Répondre
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