Les voies de l'âme

Ce blog a pour objet d'amener à réfléchir sur le sens de la vie, sur notre évolution personnelle. C'est donc l'expression d'un chemin de vie à la fois philosophique et spirituel.

18 février 2011

Heloïse

main_adulte_enfant_jpgVoici une histoire vécue par Eve Lyne, loin des théories et des paroles. Que de la vie, de la vraie vie ! C'est ce que je préfère.....

Héloïse avait huit ans et trainait les bistrots avec ses parents. De braves gens un peu perdus, pas méchants pour deux ronds, sauf qu'ils étaient dans une situation difficile : chômage, alcool, expulsion...A l’époque je donnais un coup de main à des amis qui tenaient un bar de quartier. Cela se situe dans les années 1992.
La fillette avait souvent faim quand l'heure du repas arrivait. Elle se nourrissait de cacahuètes... Elle venait facilement vers moi. Les parents n’ont pas pris ombrage de me la confier trois ou quatre fois.
Un jour, je me suis aperçue qu'elle avait des poux en passant mes mains dans ses cheveux.
Comment se fait-il qu'un détail pareil passe inaperçu? Bref, j'ai réussi à convaincre les parents de me la confier pour quelques nuits. Non pas pour les poux...Mais, pour la faire belle. J’ai donc acheté le produit pour les poux et lui ai même fait une coupe de cheveux. Ils étaient si longs, si fins et si peu soignés. C’était une fillette  enjouée et intelligente.
Je ne posais aucune question et je l'observais mine de rien. On sait bien que les enfants ne causent pas... Petite mine maigrichonne, elle a mangé de bon cœur avec moi. Et puis, elle a joué dans le jardin un moment. Toujours mine de rien, je l'ai dépouillée, c'était pas rien, mine de rien.
Ses parents étaient tellement gentils avec elle...Personne n'a jamais fait de signalement.
Moi, non plus, d’ailleurs...Sauf que j’ai écrit un poème pour Héloïse, un appel au secours...
Finalement, tout va très vite. La maman d'Héloïse réalise et prévient les services sociaux qu'elle n'a plus de toit, ne peut garder sa fille...L'assistante sociale me contacte pour me dire qu'elle vient chercher la petite. Elle la confie à la cité de l’enfance, une institution destinée à protéger les enfants
. Sous protection, en somme.
J’ai appris  plus tard que, suite à une expulsion, les parents étaient à la rue, sans travail.
Sachant l’enfant en sécurité, je n’ai jamais pris de nouvelles. Elle n’était pas maltraitée par ses parents
Des braves gens, qui aimaient leur fille...
Une fillette qui mourrait de faim, mais qui aimait ses parents....

Heloïse, Héloïse

Petite enfant ...
Dont la vie semble bien compromise...
Tes yeux ne brillent pas de cette lumière exquise...
Qu'ont les gosses à qui une autre vie est promise.
Héloïse, Héloïse...
Tu t'accroches et tu t'épuises...
La misère te semble acquise...
Prends ma main...
En attendant demain.

 

Eve Lyne

Posté par DANIEL GENTY à 07:08 - Expériences de vie - Commentaires [10] - Permalien [#]
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Commentaires sur Heloïse

  • Cela touche au tréfonds, comme un tableau présentant la misère ou Zola décrivant le zolesque ou encore Hugo et ses misérables.
    Le poème est criant.
    On peut mieux comprendre pourquoi la Mission consiste à rassembler tout le monde, sans oublier un seul, même si cela semble utopique.
    Parce qu'il suffit que chacun d'entre nous tende la main à un seul enfant et la misère se dissout.
    Comment pouvons-nous faire autrement ?

    Posté par Alain Thomas, 18 février 2011 à 09:51 | | Répondre
  • le processus

    Cher Alain, bien sûr qu'il faut toujours tendre la main, mais cela ne dissout pas la misère d'un coup .
    Le jus de raisin n'est pas du vin .
    Il y a un processus de maturation . C'est ainsi . Et nous devons le respecter . Nous ne pouvons pas faire autrement .
    Certains ont 10 ans, d'autres 20, d'autres 50, d'autres 100, d'autres 1000 ... et beaucoup plus .
    S'il y a épreuves, il y a signe de leur nécessité .
    On ne pourra fusionner qu'après purification totale .
    Il faut d'abord passer par l'alambic de nos passions en tout genre .
    La cinquième dimension est une étape .
    La Lumière est au bout, encore lointaine, mais
    on ne la perd pas de vue car elle est aussi à l'intérieur, dans nos coeurs .
    Le sentiment d'urgence appartient au temps terrestre, à la dualité . Il nous fait dévier du vaste Rythme universel et ainsi nous perturbe émotionnellement . Les passions nous font dévier de notre Axe divin et donc nous "désaxent" .
    Il n'y a pas de bourreaux, il n'y a pas de victimes . Nous sommes ce que nous sommes : des êtres merveilleux de bonne volonté, de courage et de progrès .
    La route est caillouteuse, on tombe, on s'écorche, on se relève, on marche et on retombe encore mais à chaque fois on a avancé un peu plus .
    Soyons indulgents envers nous-mêmes . N'ayons pas honte de nos erreurs, de nos pensées erronées, de nos actes faux, de nos sentiments inadéquats ! Au contraire, soyons fiers des efforts sans cesse renouvelés que nous faisons pour les corriger .
    Vraiment, nous sommes des héros du nouveau monde !
    Tous !
    Chacun à sa manière ...

    Posté par marie christine, 18 février 2011 à 13:04 | | Répondre
  • Eve Lyne, cette histoire que tu nous racontes et que tu as vécue avec Héloïse, et ton poème qui l'accompagne touchent le fond de l'âme...
    Quelle générosité et quelle grandeur d'âme !

    Posté par Hanami, 18 février 2011 à 13:04 | | Répondre
  • Marie-Christine, je suis de l'avis d'Alain car je suis convaincue que si tous nous prenions conscience d'un seul coup du potentiel que l'on a, tous ensembles, de cette faculté immense à notre disposition de pouvoir faire le bien, de notre foi sans concession quant à notre volonté d'aider, de secourir sans a priori, de notre détermination commune à vouloir que les choses changent en ce monde... Eh bien je pense que l'on accomplirait des "miracles"... Et le monde tournerait différemment... Enfin c'est mon sentiment le plus profond.

    Posté par Hanami, 18 février 2011 à 13:12 | | Répondre
  • Désolée j'ai oublié de mettre des titres... Sourire...

    Posté par Hanami, 18 février 2011 à 13:14 | | Répondre
  • Les enfants

    Je pense que les enfants perçoivent l'amour avant la souffrance, ce qui leurs donnent une grande force dans les épreuves.
    Quel amour aussi de la part de cette mère !!! Se séparée volontairement de son enfant pour son bien être, quel déchirement ! quel courage !

    Posté par Isa, 18 février 2011 à 15:09 | | Répondre
  • Les missionnés

    "Oui, la souffrance - jusqu'à nouvel Ordre - est le chemin des missionnés. Une souffrance consentie, éclairée, seule apte à générer cette ouverture du cœur qui est si rare dans notre monde et dont le Sacré-Cœur de Jésus reste à mes yeux le plus beau symbole."

    Franck Némorin
    Ecrivain

    Posté par Alain Thomas, 18 février 2011 à 17:02 | | Répondre
  • être

    Soyons naturels .

    Posté par marie christine, 18 février 2011 à 17:49 | | Répondre
  • A notre porte

    Certains ne parlent que de faire de l'humanitaire...
    A notre porte !
    Oeuvrons, là où nous sommes...
    Ouvrons l'oeil. Y' a du boulot pour tous.
    Sur le terrain.
    Parfois, on y laisse un bout de chemise...
    Et alors !
    C'est la vraie vie.
    On a pas le temps de faire de la philosophie.
    Bon, avec tout ça, mon Héloïse qu'est-elle devenue ?
    Se promène t'elle sur un blog spirituel ?
    Là, Marie... c'est moi qui rève debout!
    Qui sait ???

    Posté par Eve Lyne, 18 février 2011 à 18:25 | | Répondre
  • Ouais, c'est ça

    Rêve debout !!

    Posté par Eve Lyne, 18 février 2011 à 18:40 | | Répondre
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