Le poème que Marie Christine a écrit « Les enfances » et que j’ai diffusé le 28 janvier 2011 a réveillé, chez Alain, de vieux souvenirs d’école……..

Ton beau poème me rappelle mon enfance. Je ne savais pas que l'on pouvait mourir.
cancre_doisneau_horlogeJ'allais à l'école parce que ma mère me le demandait, alors comme je l'aimais très fort j'y allais, mais je ne savais pas pourquoi.
Je n'aimais pas cet endroit. Je me souviens des froidures de l'hiver et du vent matinal quand la nuit glaçait. Comme je faisais toujours l'imbécile, j'étais souvent puni. Quand j'étais puni j'étais triste parce que je ne pouvais plus faire rire les autres.
J'aimais bien faire rire mes copains. J'aimais bien la récrée, on jouait au bignou : une pièce trouée, une feuille de papier cul et on se faisait des passes avec les pieds. J'étais toujours puni.
Il y avait des matières où j'étais premier et d'autres où j'étais dernier. Je n'ouvrais jamais de livres à la maison.
A la maison, j'écoutais Beethoven ou je jouais sur mon tapis au Tour de France. Le soir, dans mon lit, je pensais. J'aimais beaucoup penser. Ca vous étonne ?!
J'ai redoublé deux classes avant d'avoir mon bac. J'ai du faire sept établissements. Ils m'ont viré de partout ; même qu'en fin de première, ils m'ont jeté du service public. Je me souviens, sur mon carnet, le proviseur avait écrit : "Entrée dans la vie active".
C'est marrant parce que le prof de français, il avait écrit sur le carnet que j'ai encore :
"Elève très doué... quand il accepte de traiter le sujet proposé". Aie !
Mon père lui, il me faisait faire des lignes. Je les faisais pour lui faire plaisir. J'aimais beaucoup mon père. Il a voulu m'inscrire dans un cours privé. J'y suis allé pour lui faire plaisir mais ils ne m'aimaient pas dans ce cours privé parce que je faisais toujours l'imbécile. Je dormais souvent sur mon bureau ou alors je faisais du bruit. A la fin de l'année, le proviseur était passé nous voir avec nos fiches d'évaluation. J'avais 6% de chances de réussir et 1% d'avoir une mention.
cancreQuand j'ai dit ça à ma mère, elle m'a emmené dans notre maison de campagne trois semaines avant la fin des cours... pour que je bachote. Elle avait invité mon copain de classe pour qu'il m'aide à réviser. Il n'est venu que quinze jours avant l'examen. Avant qu'il ne vienne je n'ai rien foutu. J'étais embêté pour ma mère. Dès qu'il arriva, on a planifié la quinzaine en accord avec ma mère. Elle nous réveillait tôt, préparait notre petit déjeuner, nous donnait du "cogitum" et c'était parti pour la journée. On avait la pose déjeuner, celle de quatre heures où l'on jouait au foot, celle du dîner et on se couchait vers 23 heures.
On a vite pris le rythme et cela m'a amusé. Heureusement qu'il y avait Patrick et ma mère tout de même. A l'examen, Patrick a eu la mention dès l'écrit.
J'ai eu droit au rattrapage mais j'étais sûr de réussir parce qu'il ne me manquait que peu de points. J'ai eu la mention à l'oral.
Quand je repense à tous ces établissements que j'ai du fréquenter sans avoir vraiment le choix ; un vrai parcours du combattant.
Douces pensées pour mes anciens éducateurs... les pauvres !

Alain