Les voies de l'âme

Ce blog a pour objet d'amener à réfléchir sur le sens de la vie, sur notre évolution personnelle. C'est donc l'expression d'un chemin de vie à la fois philosophique et spirituel.

06 février 2011

Je descends de la montagne

montagne


Me voilà arrivé à une phase de mon existence où, après avoir gravi la montagne, je viens d’amorcer la descente qui, je l’espère, sera longue. Descendre est un exercice très différent de gravir. Oui….Je vieillis doucement mais sûrement. Maintenant est venu le temps de la vie en pente douce. Beaucoup de choses ont changé en moi, mais pas encore assez à mon gré. Il m’a fallu toutes ces années pour avoir des prises de consciences difficiles et réaliser quelques transformations de comportement. Pour cela j’ai pris plusieurs claques dans la figure et reçu quelques uppercuts dans l’estomac.

J’en arrive à la conclusion que, souvent, le changement ne peut se faire que dans la douleur, ce qui fut mon cas. Mais il n’y a rien de triste dans mes propos. Il en est ainsi simplement et naturellement. J’ai toujours pensé que la vie était la seule école possible pour apprendre. Il ne sert à rien de se réfugier derrière des croyances, des enseignements ou du savoir, derrière des principes, des valeurs. Certes tout cela nous aide à vivre, à nous accompagner, un peu comme des béquilles. Mais tout se joue dans l’action, dans ce que nous ressentons, dans ce que nous vivons émotionnellement, dans le choc frontal avec l’existence. C’est là précisément que l’on apprend le plus, le reste n’étant que théorie. Les expériences, les épreuves nous tendent les bras pour nous aider à changer, même si cela peut parfois être extrêmement douloureux.

Oui…Je descends la montagne et mon regard sur le monde et les autres a forcément changé. Je m’arrête plus souvent sur les petits riens, les choses sans importance (et qui pourtant ont leur importance). Je prends du recul sur les événements et me sens, quelque part, un peu moins égoïste. Il y a en moi comme un peu plus de douceur, de compréhension vis à vis des autres. A mon regret, restent encore quelques rugosités, notamment l’impatience, le manque de lâcher prise et un ego encore très présent. Mais je me dis que tout n’est pas perdu et qu’il me reste plusieurs années pour tenter d’effacer cela. J’ai vraiment perdu beaucoup de temps et pris des chemins de traverse tortueux, mais il devait en être ainsi. La maturité est arrivée tard chez moi et ce sont souvent les autres qui m’ont fait grandir.

Je prends conscience de la valeur de l’instant présent et apprends à me poser plus souvent. Je m’apaise, je regarde autour de moi, j’écoute mieux et ne cherche pas à imposer à tout prix mon point de vue. « Je me décante et me dépouille ». Le silence commence à faire partie de ma vie. C’est fou ce que l’on peut se mettre sur le dos comme à priori, principes et obligations en tout genre. C’est fou comme l’on veut avoir raison à tout prix.Tout cela nous coince bien souvent et empêche de nous exprimer comme on le souhaiterait.

La vie est un long apprentissage et il est bien normal que j’en sois là. C’est le minimum !! Beaucoup de leçons ,que m’a données l’existence, me sont passées au dessus de la tête mais cela ne sert à rien d’avoir des regrets. Nous sommes comme des enfants qui devont apprendre. Pour conclure ces propos, je ressens que la plus belle des victoires de la vie est d’apprendre à se remettre en cause et d’élargir ainsi sa conscience.

Daniel

Posté par DANIEL GENTY à 06:48 - Expériences de vie - Commentaires [17] - Permalien [#]
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Commentaires sur Je descends de la montagne

  • ho hisse !

    Oui Daniel, j'ai ressenti un grand changement en toi depuis quelques semaines : une plus grande souplesse, une plus grande écoute véritable, une plus grande tolérance, une plus grande attention à l'être intérieur ...
    T'es qui la Marie pour dire ça ?
    Ben celle qui a pris les mêmes chemins les plus tortueux et qui se trompe encore bien des fois !
    Et puis, quand y a du bon, ça ne fait pas de mal à entendre !
    Là où je ne suis pas d'accord c'est l'histoire de descendre la montagne ...
    Contradiction flagrante : plus tu t'améliores, plus tu descends, toi ?

    Posté par marie christine, 06 février 2011 à 09:10 | | Répondre
  • rectif

    Haut hisse, c'est mieux !

    Posté par marie christine, 06 février 2011 à 09:13 | | Répondre
  • Hummm

    Je pense comme Daniel...
    En montant, descendez donc... Hi! Hi! Hi!

    Posté par Eve Lyne, 06 février 2011 à 09:43 | | Répondre
  • Patine

    La vie est une turbulence constante.
    Elle nous malmène en nous apprenant à regarder les choses de manière plus sage avec beaucoup de recul.
    De faire taire nos certitudes telles que nous les avons au commencemment de la vie et de voir que tout est en nuance.
    Nous descendons doucement la montagne pour apprécier le prix des "sacrifices" " des blessures" "des coups" tout cela fait de nous des êtres plus mures plus serein face à la vie et nettement plus compréhensif vis à vis des autres car nous-mêmes nous avons commis des erreurs.
    Aussi nous tendons plus facilement la main avec sagesse en sachant que nos comportements doivent évoluter que nos attitudes nous ont été néfastes et qu'il est important de ne pas les recommencer.
    Nous en ferons d'autres c'est certain nul n'est parfait mais nous savons que celles commises nous aident à nous grandir.
    C'est en changant nos réactions face à des événements donnés que nous changeons. En comprenant que l'attitude primaire n'était pas la bonne.
    Recommencer la même façon d'agir est signe que nous n'avons pas compris là où nous avons échoué en premier.
    Les coups portés sont autant de leçons de la vie ; elle nous dit "tu vois là tu as reçu un coup car tu n'as pas vu les choses arrivées tu n'as pas réagi"
    La vie nous confronte encore et encore à la même situation pour nous faire admettre qu'il est important de changer pour s'améliorer et améliorer nos relations avec les autres.
    Par l'écoute et l'entente car même si il est bon de savoir ecouter ; il est surtout important de savoir entendre sans cela nous ne pouvons avancer et nous tournons rond sans comprendre le pourquoi des choses.
    De prendre du recul par rapport aux blessures de la vie de ne pas s'alimenter et d'alimenter ces blessures.
    Lorsque enfin nous compris tout ça ..alors nous pouvons descendre la montagne.

    Posté par mimi, 06 février 2011 à 10:36 | | Répondre
  • je l'encadre!!!!

    bonjour daniel et vous tous

    Vraiment se texte je l'encadre!! C’est superbe et tellement vrai .............mais comment pouvons nous avoir tant de coup avec toute cette sagesse cette compréhension cet amour que nous avons ...............trop déçu par la vie mais la mort me fait plus peur...........

    Posté par cloclo, 06 février 2011 à 11:11 | | Répondre
  • Le centre du monde

    Daniel j'aime ton texte.
    Il est complet.

    Descendre la montagne est un magnifique symbole du lâcher prise, du renoncement, de la tranquillité sans effort contraignant, sans attente, sans but à atteindre.

    Entrer de plein fouet dans les situations de vie, faire de chacune d'elles le moment le plus important de toute notre existence, les rendre toutes extraordinaires de par notre ardeur, notre diligence, notre présence, notre volonté d'idéal, notre coeur, quitte à heurter, séduire, toucher, émouvoir, déranger... l'important est que chaque situation devienne une expérience de vie, qu'elle ait un impact.
    Parce qu'il y a l'expression, il y a l'écoute. Lorsque l'on rentre en relation avec la souffrance de l'autre, la lumière est là, dans l'écoute attentive.
    La meilleure façon de prendre conscience de notre égo est de le faire vivre pleinement et d'en tirer un enseignement personnel, sur notre chemin unique.
    Faire vivre son égo ne le dissocie pas de l'écoute, bien au contraire parce que l'égo est toujours présent, quoi que l'on fasse, quoi que l'on veuille, même dans la plus intime des prières ou des méditations. Le faire vivre c'est l'accepter et le prendre dans ses bras, lui pardonner sans cesse.

    Il n'y a rien de pire que les certitudes qui vous emprisonnent dans des rituels, des habitudes, des carcans, des schémas répétitifs car ils vous éloignent de la foi véritable, non aveugle, qui restera toujours un mystère comme une Espérance délicieuse, confrontée à la douleur, au doute et aux changements permanents liés à notre condition (d'être humain imparfait) propice à la contradiction.

    Il n'y a rien de plus merveilleux que la confiance, la foi du petit enfant, l'émerveillement et le doute de celui qui demande à ses anges d'être là, protecteurs, pour accompagner, symboles de l'incertitude de nos pensées, de nos paroles et de nos actes.
    Nous prions parce que nous ne savons pas tout, parce que nous nous contredisons sans cesse, parce que nous sommes amenés à nous remettre en question en permanence, devant tant d'épreuves et tant d'évolutions fulgurantes, comme la technologie, la politique, l'embrasement des peuples contestataires, la montée du matérialisme et du spiritualisme, par exemple.

    Cette contradiction qui, lorsque nous sommes conscients du caractère impermanent de la vie, nous amène à exprimer librement nos opinions, comme une trace.
    N'avez-vous pas remarqué qu'une intuition ou un concept de notre esprit ordinaire, lorsqu'il est exprimé, nous amène à une envolée scripturale, une sorte de palier franchi ouvrant la possibilité d'une nouvelle vision, d'un degré supplémentaire de conscience, permettant ainsi d'autres envolées, différentes, parfois contradictoires, comme pour laisser la place à toutes les opinions possibles qui ne soient pas réfutables ou sujettes à de nombreux débats ouverts ?
    Imaginez que chaque jour, nous exprimions la même opinion, sans jamais la laisser évoluer, inscrite comme une empreinte indélébile et prisonnière d'une certitude.
    Cela ressemblerait à une prière que l'on répèterait chaque jour, machinalement.

    L'expérience de la Joie ne peut se vivre sans l'expérience de la Tristesse. L'expérience du Bonheur ne peut se vivre sans l'expérience de la Souffrance.
    Il est essentiel, sur le chemin, de faire l'expérience de la Noble Souffrance, nourricière, sans masochisme.

    Le silence est une condition sur le chemin. Il y a un temps pour tout. Il est important de se poser, de rester en dehors des circuits mondains, de pratiquer le calme mental, d'ouvrir notre coeur à soi-même, de respirer profondément, de laisser émerger de nouvelles intuitions et de les développer intérieurement au coeur de notre vision profonde, le centre du monde.

    Posté par Alain Thomas, 06 février 2011 à 11:17 | | Répondre
  • "Je me décante et me dépouille"

    Ne serait-ce pas celà grandir, Daniel?!

    Posté par Eve Lyne, 06 février 2011 à 18:26 | | Répondre
  • Attention

    Attention, ne vous prenez pas. Je ne suis ni un Saint, ni parfait. Il suffit de demander à ma femme ce qu'elle pense de moi!!
    Mais comme vous qui participez à ce blog, j'essaie de m'améliorer un peu....Le temps commence à m'être compté !!

    Posté par Daniel, 06 février 2011 à 18:51 | | Répondre
  • Un pied dans la tombe

    Moi aussi, Daniel...
    Je crois bien que je commence à descendre...
    Attention!
    J'ai pas dit que j'avais un pied dans la tombe.

    Posté par Eve Lyne, 06 février 2011 à 19:16 | | Répondre
  • A Eve Lyne

    Non , pas encore un pied dans la tombe. Il y a le grenier à finir d'aménager !!

    Posté par Daniel, 06 février 2011 à 19:50 | | Répondre
  • aller plus haut

    Cloclo pose une bonne question . Je pense que plus on progresse, plus on augmente en sensibilité .
    Pour la montagne, à mon avis, mieux vaut viser l'Himmalaya que le ballon d'Alsace ...

    Posté par marie christine, 06 février 2011 à 20:40 | | Répondre
  • Le ballon d'Alsace

    Oui l'Himalaya c'est mieux et puis, c'est plus long à descendre...

    Posté par Daniel, 06 février 2011 à 21:04 | | Répondre
  • à tout âge

    "Rien ne vaut le peine d'être trouvé que ce qui n'a jamais existé encore ."

    TEILHARD DE CHARDIN

    Posté par marie christine, 06 février 2011 à 21:48 | | Répondre
  • Mon pauvre Daniel

    Oui l'Himalaya c'est beaucoup plus long à descendre, surtout à partir du sommet car tu n'as plus de doigts de pied.
    Par contre avec le ballon d'Alsace, t'es bourré quand t'arrive en bas.

    Posté par Alain Thomas, 07 février 2011 à 01:00 | | Répondre
  • Ouais, c'est ça !

    C'est bien ce que je disais...
    En descendant, montez donc !

    Posté par Eve Lyne, 07 février 2011 à 04:22 | | Répondre
  • Comme des enfants...

    J'y pense tout d'un coup...
    ètes-vous donc si pressé, Daniel...
    De retomber en enfance? Que diable !

    Bon, aller...
    J'retourne élever mon esprit.

    Posté par Eve Lyne, 07 février 2011 à 05:27 | | Répondre
  • le haut et le bas

    T'a raison Eve Lyne ! Comment est-on si sûr d'avoir touché le sommet ? Le sommet de la Connaissance, le sommet de L'esprit, le sommet de l'âme, le sommet de l'Amour, le sommet de la Félicité ?
    Bon, c'est vrai, tout cela se trouve en bas aussi puisque qu'en fait le haut et le bas se rejoignent... Plus on creuse, plus on s'allège, c'est comme les mongolfières .

    La phrase exacte :
    "Quand vous descendrez, montez donc, vous verrez le petit comme il est grand !"
    Fernand Reynaud

    Il ne croyait pas si bien dire ! C'est d'une vérité spirituelle quand on y pense !

    Posté par marie christine, 07 février 2011 à 12:37 | | Répondre
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