Les voies de l'âme

Ce blog a pour objet d'amener à réfléchir sur le sens de la vie, sur notre évolution personnelle. C'est donc l'expression d'un chemin de vie à la fois philosophique et spirituel.

13 octobre 2010

Arrêter les pendules

Je surfais sur internet lorsque j'ai découvert ce beau poème. Je lui trouve une certaine puissance émouvante. Si je puis me permettre, je souhaiterais le dédier à Ariaga.


vague


Arrêter les pendules, couper le téléphone,
Empêcher le chien d'aboyer pour l'os que je lui donne,
Faire taire les pianos et les roulements de tambour
Sortir le cercueil avant la fin du jour.

Que les avions qui hurlent au dehors

Dessinent ces trois mots Il Est Mort
Nouer des voiles noirs aux colonnes des édifices
Ganter de noir les mains des agents de police

Il était mon Nord, mon Sud, mon Est, mon Ouest,

Ma semaine de travail, mon dimanche de sieste,
Mon midi, mon minuit, ma parole, ma chanson.
Je croyais que l’amour jamais ne finirait : j'avais tort.

Que les étoiles se retirent, qu'on les balaye

Démonter la lune et le soleil
Vider l'océan, arracher les forêts
Car rien de bon ne peut advenir désormais.

 

 

 

Poème de W. H. Auden

 

Wystan Hugh Auden, plus connu sous la signature W. H. Auden (21 février 190729 septembre 1973) est un poète et critique britannique, largement considéré comme l’un des plus importants et influents du XXe siècle. Il a passé la première partie de sa vie au Royaume Uni, puis a émigré aux Etats Unis en 1939 et est devenu citoyen américain en  1946.



Posté par DANIEL GENTY à 07:59 - Expériences de vie - Commentaires [8] - Permalien [#]
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Commentaires sur Arrêter les pendules

  • Films

    Ce très beau poème ("Funeral Blues" en VO) est celui que, dans le film de Mike Newell, "Quatre mariages et un enterrement", Matthew lit devant le cercueil de son ami Gareth (le petit gros qui portait toujours des gilets extravagants)...

    Quant à Auden, c'était un grand copain de Christopher Isherwood, auteur d'"Adieu à Berlin", récit dont a été tiré un autre grand film, "Cabaret".

    Posté par Elizabeth, 13 octobre 2010 à 17:46 | | Répondre
  • A Elizabeth

    J'ai vu ce film, un excellent film par ailleurs, mais je ne me rappelais plus du tout de cette scène. Merci, chère Elizabeth, pour cette précision.

    Posté par Daniel, 13 octobre 2010 à 17:58 | | Répondre
  • Ariaga

    Je ne sais si je peux, mais j'ai envie de vous écrire ces quelques lignes.
    Accompagnée d'un fond sonore, je vous envoie la musicalité de ses quelques notes, la profondeur de quelques pensées que je tairai et la magie rayonnante de quelques étoiles au creux de l'univers.
    Pour vous. Rien que pour vous.

    Posté par Hanami, 14 octobre 2010 à 13:10 | | Répondre
  • Le "BON"

    Peut-etre je ne saisis pas l'ampleur de ce poème mais la fin "car rien de bon ne peut advenir maintenant" est d'une tristesse que je ne voudrais jamais vivre.
    Pour moi, avoir la vie, ressentir ce souffle divin qui m'est donné à chaque instant est ce qui est le "bon".
    Oui, tant d'événements tristes peuvent survenir, me bousculer, me désemparer mais le "bon" est toujours là bien installé en nous.
    Ce "bon" n'est-il pas la priorité de la vie?

    Posté par maty, 14 octobre 2010 à 16:45 | | Répondre
  • A Maty

    Oui, c'est sûr , la dernière phrase n'est pas terrible mais j'ai diffusé ce poème parce que j'ai ressenti, personnellement, une telle énergie et paradoxalement, une telle vie que je l'ai trouvé beau et original. Il y a une grande force qui ferait soulever les montagnes.

    Posté par Daniel, 14 octobre 2010 à 18:09 | | Répondre
  • Daniel

    J'ai relu le poème et il est vrai qu'il dégage une forte énergie. Il décrit l'état profond dans lequel on peut se retrouver quand un événement majeur se passe dans notre vie.
    Ce qui est triste c'est que la dernière phrase enlève tout espoir.

    Posté par maty, 14 octobre 2010 à 19:12 | | Répondre
  • Dimension

    "Il était mon Nord, mon Sud, mon Est, mon Ouest,
    Ma semaine de travail, mon dimanche de sieste,
    Mon midi, mon minuit, ma parole, ma chanson."

    Il l'est toujours, mais dans une dimension autre...

    Posté par Hanami, 14 octobre 2010 à 21:11 | | Répondre
  • A Ariaga

    Il faut prendre ce poème au premier degré, sans doute écrit d'un trait dans la souffrance du manque.
    La souffrance du manque ici est à son paroxysme, au moment où cela est écrit.
    C'est comme un tableau ; certains semblent révéler la magie de l'enchantement, d'autres la folie du désespoir le plus profond.

    Nous savons que rien n'est figé et que ce qui est écrit en pleine souffrance fait ressortir la souffrance.

    Je pense à Ariaga et je me dis que si elle s'exprime de temps en temps sur le blog de son ami Daniel, c'est que forcément les choses ont bougé en elle et qu'elle continue son chemin.

    Je m'associe à Hanami et envoie à Ariaga tout un parterre de fleurs multicolores aux parfums délicieux et enchanteurs.
    J'espère qu'elle saura trouver dans le ciel, les soirs de clair de lune, l'étoile resplendissante qui vit en elle et est indivise du Tout.

    Posté par Alain Thomas, 14 octobre 2010 à 22:45 | | Répondre
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