Les voies de l'âme

Ce blog a pour objet d'amener à réfléchir sur le sens de la vie, sur notre évolution personnelle. C'est donc l'expression d'un chemin de vie à la fois philosophique et spirituel.

04 juillet 2010

Agir ou méditer ?

m_diter


J’ai en mémoire une jolie scène vécue. C’était en Birmanie, sur le magnifique site de Pagan, le site au mille pagodes. La chaleur était à son comble. Dans la rue principale de la vieille ville, les rares voitures qui passaient soulevaient d’impressionnants nuages de poussière ,créant une atmosphère particulière, aux couleurs sable et orange, rehaussée par les tons rouge et blanc des bougainvilliers. Deux moines bouddhistes, un adulte et un enfant, revêtus de leur robe safran, marchaient dans la rue. L’adulte tenait une ombrelle pour se protéger de l’ardeur du soleil et ils avaient, chacun dans leurs mains un grand bol à offrandes qui leur servait à mendier leur nourriture. Car telle est la coutume : les moines doivent mendier chaque jour leur nourriture auprès de la population. Pour le peuple faire une offrande c’est s’attirer la bienveillance des Dieux et pour les moines c’est une façon de rester en contact avec les birmans et de se placer dans l’action en allant tous les matins à la quête de la nourriture. Méditer et prier bien sûr….Mais pas seulement.

Agir ou méditer? Pourquoi créer cette opposition, alors qu’il s’agit de la même chose mais sous des aspects complémentaires. Je pense notamment à la vie monastique, coupée du monde extérieur et à laquelle il manque, à mon avis une dimension. Mais je pense aussi à ceux qui, plongés dans la vie active refuse de voir ce qui se passe en eux.

La méditation sans l’action et réciproquement ne peut créer que déséquilibre. Toute action doit être soutenue par les valeurs de l’âme et toute méditation doit s’encrer dans la réalité.

A mon sens tout est un et non pas séparé. Il n’y a pas un temps pour la spiritualité (et donc pour la bonne conscience) et un temps pour le reste. Tout doit être intégré.

Dans notre monde matériel, la transformation de la pensée, l’évolution spirituelle ne peut se faire que dans l’action et la méditation. Les belles pensées, les belles paroles les aspirations ne servent pas à grand-chose. Il est important de pratiquer et de passer à l’acte.

Daniel( texte déjà publié en janvier 2008)

Posté par DANIEL GENTY à 08:34 - Bazar spirituel - Commentaires [10] - Permalien [#]
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Commentaires sur Agir ou méditer ?

    Action

    Les pieds sur terre, la tête dans les étoiles, quelle alchimie !

    Posté par Eve Lyne, 04 juillet 2010 à 09:07 | | Répondre
  • terre et ciel

    Parfaitement d'accord !
    Il faut d'abord être bien enraciné dans la Terre-Mère pour se relier au Père-Ciel .
    Nous sommes des arbres .
    Si on reste entre les deux, on est ballotté par les vents (le mental vagabond), sans stabilité, sans lien solide .
    Nous sommes venus sur terre pour diviniser la matière, pas pour la fuir .

    Posté par marie christine, 04 juillet 2010 à 11:09 | | Répondre
  • L'acte de méditer

    tout à fait d'accord avec vous les filles !
    Partir l'intérieur vers l'extérieur et tout devient méditation, le vrai visage de la matière se dévoile. La sagesse s'élève dans l'action.

    Mais je pense que ceci ne marche que si l'esprit est stable.
    La motivation donc ne suffit pas, la pratique de la méditation est nécessaire ou bien l'action même avec une bonne intention reste guidée par l'ego.

    L'action peut être aussi simplement l'acte de méditer car en se reliant à notre être on se relie au monde.

    La méditation s'est aussi s'améliorer en profondeur pour ne plus, ou de moins en moins, polluer les autres avec nos poisons, nos vices, nos excès. Un acte à la porté de tous.

    Posté par isa, 04 juillet 2010 à 12:23 | | Répondre
  • en conscience

    C'est vrai, Isa . La méditation peut être une action et l'action faite en conscience est méditation .
    Le tout est de ne pas méditer ni agir sur ordre du mental qui lui-même a ses motivations dans l'ego. Il faut se relier plus profondément pour contacter l'esprit, le guide fiable .
    Ainsi les enseignements restent en arrière-plan et on agit par contact direct, dans une expérience personnelle, vivante, intime et vraie .
    Hou ! Je ne sais pas si je me fais comprendre ... Je vais encore me faire sonner les cloches par l'Intelligente Oeil-de-Lynx !

    Posté par marie christine, 04 juillet 2010 à 13:03 | | Répondre
  • S'établir

    Si, tu te fais bien comprendre Marie Christine. Quand nous contactons l'esprit et que nous nous y établissons, la connaissance s'élève et dans cet état, l'action n'est pas séparée de celle-ci. Tout est complet en soi.

    Posté par isa, 04 juillet 2010 à 13:27 | | Répondre
  • deux en un

    C'est exactement ça, Isa : dans cet état, la Connaissance et l'Action font un .

    juste une précision : le mot connaissance peut prêter à confusion, il ne s'agit pas d'une connaissance intellectuelle mais d'une percetion directe de la vérité .

    Posté par marie christine, 04 juillet 2010 à 15:11 | | Répondre
  • Oui, tu as raison de le préciser.

    Posté par isa, 04 juillet 2010 à 19:31 | | Répondre
  • Bénévolat fort utile

    Voir à travers les murs, savez-vous les filles que peu à peu dans les prisons l'art de la méditation se révèle être très bénéfique.
    " au lieu de se bagarrer on cultive des fleurs " explique un prisonnier.
    Selon un gardien de prison, la technique de méditation calme l'esprit agité des prisonniers et transforme leur manière de voir les choses.
    Voilà un bénèvolat fort utile qui devrait se développer davantage en France.

    Posté par Oeil-de-Lynx, 05 juillet 2010 à 05:55 | | Répondre
  • Retour

    Quand les blogs amis sont en vacance c'est l'occasion pour revenir sur d'anciens textes et celui là me parle bien. La photo est excellente. Amitiés.

    Posté par Ariaga, 23 août 2010 à 14:32 | | Répondre
  • Méditer et agir

    La pratique de samatha, le calme mental, permet de stabiliser l'esprit mais ne donne pas accès à la compréhension des phénomènes, la connaissance.
    Samatha n'est donc pas libérateur.
    C'est le rôle de vipassana (vision profonde) qui allie la stabilité de l'absorption méditative à l'observation de l'esprit par l'utilisation de la vigilance pour pénétrer la nature ultime de la réalité et développer ainsi la connaissance.
    La méditation de samatha permet de développer l'absorption méditative qui renforce la stabilité et la clarté de l'esprit. Cette clarté permet à la connaissance de s'éveiller.
    La capacité d'analyser les phénomènes pour en acquérir la juste compréhension, c'est-à-dire en pénétrer la véritable nature, aboutit au développement de cette connaissance.
    Le point cetral de vipassana est l'examen du "soi" qui est à l'origine des passions jusqu'à réalisation effective de "l'inexistence du soi".
    Dans le mahayana du bouddhisme tibétain, l'objet de la pratique de vipassana est la compréhension ferme et définitive de la vacuité ou insubstantialité de tous les phénomènes, qu'ils soient composés ou incomposés.
    Dans le vajrayana du bouddhisme tibétain, vipassana consiste à observer l'esprit, la source de tout bonheur et de toute souffrance, pour s'assurer de sa vacuité. Or, cette vacuité est aussi clarté. Demeurer naturellement dans la vacuité-clarté de la nature de l'esprit est le but de la pratique. Il est dit qu'on y parvient par l'examen de la provenance, de la demeure et de la destination des pensées qui émergent dans l'esprit.

    La combinaison de samatha et vipassana est préconisée dans l'ensemble du bouddhisme pour atteindre l'éveil. La présence de l'attention y sert de base pour créer les conditions d'une profonde compréhension des phénomènes.
    Tandis que la méditation sur des objets de concentration tels que la respiration, mène au calme mental (samatha) et à la stabilité méditative, l'observation analytique ou inspection de la nature de l'objet perçu, débouche sur la connaissance des trois marques de l'existence : l'impermanence, la souffrance et l'absence de "soi" des agrégats (base de la personnalité sur laquelle on établit à tort l'idée d'un "moi" et d'une personne réellement existants). Seule cette connaissance, maintenue ensuite dans toutes les circonstances de la vie par la vigilance, permettra de dissoudre les passions et de s'en libérer. Sans ce travail de fond, rien ne sera achevé.

    La méthode consiste à exercer la vigilance sur des actes simples tels que la respiration ou la marche, la vue d'un objet, l'activité mentale, et à simplement noter, sans plus, ce qui se produit, au moment où cela se produit.
    On découvrira que, dans l'action de marcher, il n'y a pas de "je", mais seulement l'intention mentale de marcher.
    Quand à l'esprit, il apparaîtra comme une succession continuelle d'instants de conscience, de surgissements-disparitions instantanés, de naissances et de morts. L'observation porte toujours sur ce qui surgit dans le présent. Seule la méditation d'introspection sur l'évènement présent débouche sur la compréhension de l'impermanence, or, "en voyant l'impermanence même dans une seule formation, on arrive à la conclusion suivante à propos de toutes les formations : impermanentes sont toutes choses dans la vie".

    Il ne s'agit pas de gagner une concentration inébranlable mais d'annihiler l'attachement aux objets de perception par la connaissance des trois marques de l'existence acquise par l'expérience directe. Sans vipassana, l'attachement se produit inévitablement car "dans chaque objet des sens il y a souillure".
    Vipassana permet de constater la disparition instantanée de toute perception, qu'il n'y a donc rien à désirer ni à rejeter en cela. Quand l'objet d'attachement disparaît, il n'y a plus d'attachement possible.
    Comprendre que tout surgit et disparaît permet de comprendre l'impermanence de toutes choses.
    "C'est parce que le surgissement et la disparition ne sont pas aperçus que l'impermanence n'apparaît pas. Celle-ci est cachée par une continuité".
    "Lorsque la nature de l'impermanence est vue, celle du non-soi l'est aussi".

    Cette vue juste, acquise par la méditation de l'inspection est la caractéristique de la connaissance.
    Elle appartient aux êtres nobles, si tant est qu'il y en ait quelques-uns sur cette terre. Il est dit qu'au Bouthan et en Birmanie, des Maîtres parmi les moines de la forêt ont créé des centres de méditation vipassana à travers le monde.

    C'est difficile pour les occidentaux de s'intégrer aux traditions des bouddhistes d'Asie. Le Dalaï-lama préconise que chaque être humain conserve la tradition qui l'a vu naître.
    L'important est la compréhension de la véritable nature de notre esprit, de pratiquer l'absorption méditative pour faire l'expérience directe de l'indivisibilité de l'insubstantialité de tous les phénomènes avec la luminosité ou clarté.
    Ainsi, nous pouvons intégrer cette vision à notre action, avec l'utilisation de la vigilance dans tous les actes que nous produisons.
    Il n'est pas nécessaire de modifier notre tradition pour cela.
    C'est lorsque nous parvenons à accepter tous les surgissements en tant qu'instants de conscience qui précèdent leurs disparitions que nous pourrons nous détacher des poisons mentaux, causes de notre souffrance.

    L'important n'est pas de parvenir à la cessation de la souffrance mais d'être sur le chemin qui mène à sa cessation.

    "Avec l'aide du dictionnaire encyclopédique du Bouddhisme".

    Posté par Alain Thomas, 24 août 2010 à 02:49 | | Répondre
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