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Maya
 


J’ai rencontré Maya, un vendredi après midi, à l’Espace34. Elle venait me voir pour me parler de l’exposition de photos qu’elle souhaitait présenter à l’Espace34. Nous organisons régulièrement des expositions mensuelles de peintures, sculptures et photos ce qui est une façon de promouvoir le travail de certains artistes.

Maya est danseuse de Bharata Natyam et se rend régulièrement en Inde, à Tanjore, pour travailler avec ses professeurs. Lors de son dernier séjour, son amie photographe, Dominique Guillemain d’Echon est venue la rejoindre lors de , la nuit de Shiva Ratri, et elles ont réalisé ensemble un reportage photos qui s’est traduit par la création d’un livre magnifique «   « Lumière de l’Inde du Sud, voyage dansé au cœur des temples ». Maya m’a donc présenté avec passion son livre, m’expliquant son art, son travail avec ses professeurs et son maitre, aujourd’hui décédé, le symbolisme des photos, l’atmosphère si particulière de cette région. J’aime bien les personnes qui ont une passion et je l’ai écoutée attentivement me laissant porter par sa voix et ses explications pour mieux pénétrer le sens de ses propos et de son art. Le livre est splendide et explose de couleurs multiples, rouge, orangé, bleu. Visages burinés par le temps, sensualité des paysages, grâce de la danseuse, sens de l’esthétisme, l’Inde s’offre à nous avec ses mystères et ses temples si particuliers. Un très beau travail de la photographe.

Maya pratique le Bharata Natyam qui est la danse classique de l’Inde du Sud.

Le Bharata Natyam est transmis oralement de maitre à disciple. La pureté du mouvement dépend du placement parfait du corps dans l’espace et dans le temps, par le respect absolu du rythme. Des unités de mouvement ont été identifiées et rassemblées par famille. Elles constituent un véritable alphabet gestuel, lisible dans les temples sous forme de sculptures : les karanas.

La relation maître-disciple est au cœur de cet art. L’enseignement reçu repose sur un temps de vie partagé auprès du maître dans l’intimité de sa maison. Les heures de danse débordent dans le quotidien. Tout devient matière à être enseignée. Les chorégraphies sont répétées mentalement au détour d’un peu de repos. Sous le regard du maître, le disciple évolue, lui confiant sa présence jour et nuit, acceptant la sieste imposée, les heures de prière et de silence. Un lien se tisse par le don de soi : efforts, doutes, satisfactions, fatigues, abnégations et attentions sont livrées sans réserve. Maître et disciple deviennent alors indissociables dans leur quête de la beauté.

Les placements postural et rythmique sont indissociables. Ils requièrent une forte concentration. La danse est transmise par le rythme, le rythme par le son, claquement du bâton sur un socle de bois, verbalisation des sons. Les pieds répondent simultanément.

A l’origine les maîtres sont des musiciens et non des danseurs. Le son est vibration créatrice.

Les grelots aux chevilles des danseuses soulignent la relation à la pulsation sonore incarnée par Shiva Nataraja le danseur cosmique. Une salutation commence et conclut la pratique.

Professeur de Hatha yoga, Maya a créé en France une école de danse et transmet son art. Elle fait également des conférences et donne des spectacles. Pendant une heure, j’ai été ainsi transporté dans ce monde, mystérieux et totalement inconnu de moi, qu’est la danse indienne. Tout cela m’a rappelé des souvenirs car j’ai déjà eu l’occasion d’aller en Inde, un pays paradoxal et attachant, que j’ai beaucoup aimé malgré ses côtés parfois excessifs.

Lumière de l’Inde du Sud, voyage dansé au cœur des temples aux éditions Degeorge : texte de Maya et photos de Dominique Guillemain d’Echon

www.natyamaya.net - www.dominiqueguillemain.fr

Daniel

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