« Quand les mots se meurent, alors naît la vie »

 

Il y a ceux qui parlent…qui parlent…qui parlent… et ceux qui écoutent (c’est plus rare !!). Savoir écouter est une grande vertu. Ecouter est la meilleure façon d’entrer en contact avec l’autre, d’ouvrir sa conscience vers l’inconnu, de comprendre, en un mot de s’enrichir. C’est dans l’écoute que l’on capte le mieux et que l’on peut ainsi ressentir le message de l’autre. Je suis toujours étonné par ceux qui parlent beaucoup et par les dialogues de sourds qui s’installent entre les êtres. Je ressens comme une frustration. Chacun est sur ses rails et ne communique nullement avec son interlocuteur. J’ai envie de dire, qu’en fait, beaucoup ne communique qu’avec eux-mêmes !!

Et pourtant, quoi de plus apaisant que le silence. Le silence n’est pas le vide, l’ennui mais peut devenir au contraire un plein d’âme. Il n’est pas muet, il demande juste à être apprivoisé. C’est un autre mode de communication plus subtile, plus juste, plus objectif ou l’écoute prend tout son sens.

Dans cette attitude, c’est incroyable le nombre de choses impalpables que l’on peut capter. Une autre dimension s’ouvre ou l’on commence à communiquer sur un autre plan, le plan des ondes et des vibrations. Nous sommes alors comme une antenne. Pas trop besoin de paroles qui bien souvent ne sont qu’une illusion, un mode de transmission nécessaire mais en un sens superficielle.

Ecouter, c’est aussi accueillir, donc un acte d’apaisement dont le monde actuel a bien besoin.

Daniel( texte déjà publié en septembre 2006)

 

 

Quelques jours après avoir écrit ce petit texte, je tombais sur ces paroles de Khalil Gibran.



Khalil_Gibran

« Vous parlez lorsque vous cessez d’être en paix avec vos pensées. Et quand vous ne pouvez demeurer plus longtemps dans la solitude de votre cœur, vous vivez sur vos lèvres. Le son de la voix devient alors divertissement et passe.-temps ;

Et dans une grande part de vos propos, la pensée gît à demi assassinée. Car la pensée est oiseau d’espace qui dans la cage des mots peut déployer ses ailes, mais non s’envoler.

Il y a parmi vous ceux qui recherchent les bavards par crainte d’être seuls. Le silence de l’isolement leur montre la nudité de leur être et ils voudraient s’échapper.

Et il ya ceux qui parlent et, sans préméditation aucune et sans en être conscients, divulguent une vérité qu’eux-mêmes ne comprennent pas.

Enfin il y a ceux qui possèdent la vérité intérieurement mais ne l’expriment pas avec des mots. C’est dans leur sein que l’esprit réside, dans un silence cadencé.

Lorsque vous rencontrez votre ami au bord de la route ou sur la place du marché, laissez l’esprit en vous remuer vos lèvres et diriger votre langue. Laissez la voix cachée en votre voix murmurer à l’oreille de son oreille. Car son âme retiendra la vérité de votre cœur comme on se souvient du goût du vin, quand la couleur est oubliée et que la coupe n’existe plus.